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    Grande pagode de l'oie sauvage : histoire, architecture et guide de visite

    Grande pagode de l'oie sauvage : histoire, architecture et guide de visite Image

    Elle se dresse à 64 mètres au-dessus de la plaine du Guanzhong, carrée, austère, bâtie en briques de terre cuite grises. La Grande pagode de l'oie sauvage (大雁塔, Dàyàn Tǎ) n'a pas l'ornementation dorée des temples thaïlandais ni la profusion baroque des sanctuaires sri-lankais. Sa force tient à autre chose : une sobriété Tang qui condense quatorze siècles de bouddhisme chinois en sept étages empilés avec une rigueur presque mathématique.

    Construite à Xi'an au cœur d'un monastère fondé pour abriter les textes rapportés d'Inde par le moine Xuanzang, cette pagode reste l'un des monuments bouddhistes les plus visités de Chine. Un lieu de pèlerinage, un document architectural et une pièce maîtresse dans l'histoire de la transmission du Dharma en Asie de l'Est. Ces reliques et objets conservés ici possèdent avant tout une valeur symbolique et historique, témoins d'un échange intellectuel et religieux entre civilisations plutôt que d'effets spirituels mesurables.

    ⭐ À retenir

    • La pagode date de 652 apr. J.-C., construite sous la dynastie Tang à la demande du moine Xuanzang.
    • Elle conserve des reliques, sutras et statues du Bouddha rapportés d'Inde après un périple de 17 ans.
    • Son architecture en briques grises à sept niveaux est représentative du style Tang, sans toiture en surplomb intermédiaire.
    • Le site du Temple Dacien (慈恩寺, Cí'ēn Sì) qui l'entoure est toujours un monastère bouddhiste actif.
    • Visite accessible toute l'année, avec montée intérieure possible jusqu'au sommet pour une vue sur Xi'an.

    Xi'an, capitale Tang : pourquoi ce lieu en particulier

    Au VIIe siècle, Xi'an s'appelle Chang'an. C'est la capitale de l'empire Tang et l'une des plus grandes métropoles du monde, terminus oriental de la Route de la Soie. La cour impériale y attire des ambassadeurs persans, des marchands sogdiens, des moines nestoriens et des missionnaires bouddhistes venus d'Inde centrale.

    C'est dans ce contexte de brassage intense que le moine **Xuanzang** (玄奘, 602-664) revient à Chang'an en 645 après 17 ans de voyage en Inde. Il rapporte 657 textes bouddhistes en sanskrit, 150 reliques, plusieurs statues et une connaissance directe des traditions du Magadha. L'empereur Taizong lui offre les ressources du temple Hongfu (홍복사), rebaptisé ensuite Dacien (慈恩寺, "Temple de la grâce compatissante") à la mémoire de l'impératrice défunte.

    C'est à Xuanzang lui-même que l'on doit la construction de la première pagode, en 652. Son but : conserver les textes et reliques dans une structure pérenne, à l'abri des incendies qui ravageaient régulièrement les bâtiments en bois. L'emplacement choisi, au sud de la capitale, n'est pas anodin : il correspondait à la zone résidentielle la plus calme de Chang'an, à l'écart de l'agitation des marchés sogdiens et des ambassades étrangères qui animaient le centre de la ville.

    Détail de l'inscription lapidaire en calligraphie Tang sur la façade de la Grande pagode de l'oie sauvage, Xi'an
    Les dalles gravées en calligraphie Tang, rédigées par l'empereur Taizong en 648, sont conservées à la base de la pagode.

    💡 Le savais-tu ?

    Le nom "oie sauvage" vient d'une légende rapportée par Xuanzang lui-même lors de ses voyages en Inde. Dans un monastère *Mahâyâna*, un moine aurait tué par accident une oie sauvage. L'oiseau, en tombant, aurait révélé sa nature de bodhisattva. Une pagode fut élevée à l'endroit où il s'écrasa. Xuanzang, profondément marqué par ce récit, donna ce nom à la pagode qu'il fit construire à Chang'an pour honorer le souvenir de ce lieu indien.

    Histoire de la construction : de cinq à sept étages

    La pagode initiale de 652 comptait cinq niveaux, construite selon un modèle inspiré des *stoupas* indiens. Xuanzang supervisait personnellement le chantier et participait, selon les chroniques, au transport des matériaux.

    Sous le règne de l'impératrice **Wu Zetian** (武則天), entre 701 et 704, la structure fut entièrement reconstruite et portée à dix niveaux. Wu Zetian était une fervente bouddhiste, connue pour avoir commandité de nombreux textes et monuments religieux, dont les grottes de Longmen. Cette reconstruction utilisa davantage de briques et renforça les fondations.

    Les années suivantes furent moins clémentes. Des séismes successifs, notamment ceux du XIIe et du XVIe siècle, firent tomber les trois niveaux supérieurs. La pagode actuelle en compte sept, forme sous laquelle elle est conservée depuis les réparations de la période Ming (1368-1644). Sa hauteur finale est de 64,5 mètres, pour une base carrée de 25 mètres de côté.

    Époque Événement Niveaux
    652 apr. J.-C. Construction initiale par Xuanzang, sous Gaozong 5 niveaux
    701-704 apr. J.-C. Reconstruction sous Wu Zetian 10 niveaux
    XIIe-XVIe siècle Séismes successifs, perte des niveaux supérieurs Réduction progressive
    Période Ming Réparations et consolidation, état actuel 7 niveaux (64,5 m)

    Architecture : la logique Tang en sept niveaux

    La Grande pagode de l'oie sauvage appartient au type "pagode-tour" (楼阁式塔, *lóugé shì tǎ*), l'une des trois grandes formes de pagodes chinoises avec la pagode à paliers (密檐塔) et la pagode en bouteille. Sa silhouette est celle d'un prisme quadrangulaire qui s'effile régulièrement vers le sommet, sans les toitures en surplomb prononcées que l'on voit sur d'autres pagodes chinoises.

    Les murs en briques grises mesurent entre 1,5 et 2 mètres d'épaisseur selon le niveau. Ces briques, cuites localement dans les fours du district de Chang'an, présentent une texture dense et une teinte gris-brun caractéristique de l'argile du bassin du Wei. Chaque étage est marqué par une corniche saillante en briques moulées, sobre et géométrique. Les ouvertures sont rectangulaires, cintrées en arc surbaissé. À l'intérieur, un escalier en colimaçon mène du rez-de-chaussée au septième niveau, avec des planchers en bois refaits lors de restaurations successives.

    Les quatre faces de la pagode portent chacune une porte voûtée au rez-de-chaussée. Deux d'entre elles encadrent des dalles gravées : l'une reproduit la "Préface au Tripitaka de la Grande Tang" rédigée par l'empereur Taizong en 648, l'autre un texte de l'impératrice Wu Zetian. Ces inscriptions, en calligraphie Tang d'une grande précision, sont classées parmi les trésors lapidaires de la Chine classique.

    Manuscrit bouddhiste en caractères chinois évoquant les traductions de sutras effectuées par Xuanzang au Temple Dacien
    Xuanzang et ses disciples traduisirent 1335 fascicules de textes du sanskrit au chinois dans l'enceinte même du Temple Dacien.

    Xuanzang et la tradition Weishi : le bouddhisme qui prit racine ici

    La pagode n'est pas simplement un monument : elle matérialise la transplantation d'une école bouddhiste précise en Chine. Xuanzang avait étudié à Nalanda, le grand centre universitaire bouddhiste de l'Inde du Nord (dans l'actuel Bihar), notamment auprès du maître Silabhadra. Il y assimila la philosophie *Yogâcâra*, connue en Chine sous le nom de Weishi (唯識宗, "école de la conscience seule").

    Xuanzang lui-même reconnaissait la difficulté de faire passer cette pensée en chinois. La philosophie *Yogâcâra* affirme que les phénomènes perçus sont des constructions de la conscience, et non des réalités extérieures indépendantes. C'est une position exigeante, sans équivalent simple dans la pensée confucéenne dominante de l'époque. Pour y parvenir, il développa une méthode de traduction rigoureuse, en conservant les termes sanskrits clés (comme *vijñaptimātratā*, "rien que la représentation") là où le chinois ne disposait pas de concept équivalent, puis en les expliquant longuement en commentaire. Ses traductions les plus importantes, dont le *Chéng Wéishí Lùn* (成唯識論, synthèse de commentaires indiens sur le *Yogâcâra*), furent réalisées dans l'enceinte même du Temple Dacien avec une équipe de plusieurs dizaines de traducteurs spécialisés.

    L'école Weishi qu'il fonda à Chang'an influença durablement le bouddhisme chinois, coréen et japonais. Au Japon, elle donna naissance à l'école *Hossō* (法相宗), encore représentée aujourd'hui au temple Kōfuku-ji de Nara. Pour approfondir cette transmission du Dharma en Asie de l'Est, l'étude des chapelets et outils de pratique bouddhiste permet de toucher du doigt les supports concrets qui accompagnent ces traditions philosophiques.

    Ce que conserve la pagode : reliques, sutras et statues

    Xuanzang rapporta d'Inde un ensemble considérable. Les chroniques Tang (*Daci'en si Sanzang Fashi Zhuan*, biographie officielle du moine) mentionnent 657 textes en sanskrit, 7 statues du Bouddha, 1 relique de chair de Bouddha (舍利, *shèlì*) et plusieurs dizaines de reliques secondaires. Ces objets sont considérés, dans la tradition bouddhiste, comme des supports de mémoire et de dévotion, non comme des fétiches dotés de pouvoirs propres. Leur valeur est avant tout historique et symbolique : ils attestent un contact direct avec les foyers du bouddhisme indien à son apogée.

    Les textes furent traduits au sein même du Temple Dacien. Xuanzang dirigeait une équipe de traducteurs et travaillait lui-même jusqu'à 19 heures par jour selon ses biographes. Il produisit en 19 ans de travail 1335 fascicules de textes traduits du sanskrit en chinois, un record dans l'histoire de la traduction bouddhiste.

    Aujourd'hui, certaines reliques sont conservées dans des reliquaires placés au rez-de-chaussée de la pagode. Des reproductions de statues et de bas-reliefs indiens ornent les niches intérieures. Une statue de Xuanzang lui-même, en bronze doré, est dressée dans la cour principale du Temple Dacien, représentant le moine portant sur son dos le châssis en bambou qui soutenait ses manuscrits lors du voyage de retour.

    Statue Bouddha de Thaïlande
    🙏 La reco de Ananda

    Statue Bouddha de Thaïlande

    Les statues rapportées d'Inde par Xuanzang représentaient le Bouddha selon les canons de l'art de Mathura et de Sarnath, avec leurs codes de représentation précis (ushnisha, mudras, robe monastique plissée). Cette pièce artisanale s'inscrit dans cette longue tradition de l'image du Bouddha comme support de contemplation, telle qu'elle s'est développée de l'Inde vers la Chine, puis vers l'Asie du Sud-Est.

    À partir de 24,90 EUR

    Voir le produit →

    Le Temple Dacien : cadre vivant de la pagode

    La pagode ne s'apprécie pas hors de son contexte monastique. Le Temple Dacien (慈恩寺) qui l'entoure est toujours un monastère bouddhiste en activité, affilié à l'école *Chan* (禪宗), branche du bouddhisme Mahâyâna qui s'est développée en Chine à partir du VIe siècle.

    L'enceinte comprend plusieurs cours successives, des salles dédiées à différents bouddhas et bodhisattvas (Maitreya dans le bâtiment d'entrée, Bouddha Shakyamuni dans la salle principale), ainsi que des galeries de stèles et une bibliothèque de manuscrits. Des moines y vivent, y pratiquent et y accueillent les fidèles qui viennent brûler de l'encens ou réciter des sutras.

    La place devant la pagode, redessinée dans les années 2000, est aujourd'hui l'une des plus grandes places piétonnes d'Asie avec 110 000 m². Elle accueille chaque soir en été des jeux de lumière et des fontaines musicales, ce qui tranche avec la sobriété du monument. Pour ceux qui souhaitent comprendre la dimension méditative des lieux bouddhistes, les objets d'aide à la méditation peuvent prolonger cette expérience en dehors des murs du temple.

    Cour intérieure du Temple Dacien à Xi'an, encens se consumant devant la Grande pagode de l'oie sauvage
    Le Temple Dacien est toujours un monastère actif : moines et fidèles s'y retrouvent chaque matin pour la prière et l'offrande d'encens.

    Importance dans le pèlerinage bouddhiste en Chine et au-delà

    La pagode occupe une place singulière dans la géographie sacrée du bouddhisme chinois. Elle n'est pas rattachée aux quatre montagnes sacrées du bouddhisme chinois (Wutai, Emei, Jiuhua, Putuo), mais son lien direct avec Xuanzang en fait un lieu de référence pour tous les pratiquants qui s'intéressent à la transmission du Dharma depuis l'Inde.

    Le voyage de Xuanzang a lui-même une résonance populaire immense en Asie de l'Est grâce au roman "La Pérégrination vers l'Ouest" (西遊記, *Xī Yóu Jì*), attribué à Wu Cheng'en au XVIe siècle. Ce roman, qui transpose le voyage historique en épopée fantastique avec le Roi Singe Sun Wukong, a rendu Xuanzang familier à des centaines de millions de lecteurs asiatiques et, aujourd'hui, au monde entier à travers les adaptations télévisées et cinématographiques.

    Des pèlerins japonais bouddhistes, notamment de l'école *Hossō* (héritière directe de la Weishi fondée par Xuanzang), visitent régulièrement le Temple Dacien et la pagode. Les communautés bouddhistes coréennes entretiennent également des liens historiques avec ce lieu. Dans la tradition des pratiquants qui font ce pèlerinage, le *mala* constitue l'outil de récitation par excellence : 108 perles, une pour chaque récitation, permettant de rythmer la prière ou la méditation de la même façon que le faisaient les moines du Temple Dacien lors de la lecture des sutras traduits par Xuanzang. Un mala tibétain en bois de santal perpétue ce geste, dans une matière utilisée depuis des siècles dans les monastères d'Asie centrale et d'Extrême-Orient.

    Mala Tibétain en bois de santal
    🙏 La reco de Ananda

    Mala Tibétain en bois de santal

    Fabriqué en 108 perles de bois de santal, cet outil de pratique porte la même fonction que les chapelets utilisés par les moines du Temple Dacien lors de la récitation de sutras : ancrer la récitation dans le corps, perle après perle, selon une gestuelle transmise de maître à disciple depuis les débuts du bouddhisme en Chine.

    19,99 EUR

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    Préparer sa visite : horaires, accès et codes à respecter

    La Grande pagode de l'oie sauvage se situe au 1 Yanta South Road (雁塔南路1号), district de Yanta, Xi'an, province du Shaanxi, Chine. Le temple Dacien et la pagode sont ouverts tous les jours, généralement de 8h à 17h30 (horaires susceptibles de varier selon les saisons et les jours fériés chinois : à vérifier sur le site officiel ou via le portail touristique de Xi'an avant le départ).

    L'accès au temple (enceinte du Dacien si) est payant, avec un tarif d'entrée distinct pour la montée dans la pagode. La montée intérieure jusqu'au septième niveau est possible via l'escalier central ; elle est déconseillée aux personnes à mobilité réduite en raison des marches étroites et des passages bas. Au sommet, la vue dégagée porte sur l'ensemble du district de Yanta et, par temps clair, sur les premiers contreforts du Qinling au sud.

    • Tenue vestimentaire : aucune règle stricte n'est imposée aux visiteurs étrangers, mais une tenue correcte et couverte est de mise dans les salles de culte du temple. Évite les shorts très courts et les tops sans manches dans les espaces de prière intérieurs.
    • Photographie : autorisée dans les cours extérieures et depuis les fenêtres de la pagode. Dans les salles de culte où des moines officient ou où des fidèles prient, la discrétion s'impose ; certains espaces précisent explicitement l'interdiction de photographier.
    • Comportement dans le temple actif : les salles de prière sont des espaces de pratique réelle. On tourne les statues dans le sens horaire, on ne pointe pas du doigt les représentations sacrées, on baisse la voix. Ce ne sont pas des détails de touriste averti, c'est simplement du respect.
    • Accès en transports : le métro de Xi'an dessert la zone via la ligne 3 (station Xiaozhai), à environ 10-15 minutes à pied. De nombreuses lignes de bus relient également le site depuis le centre historique et la zone de la muraille.

    "Il cherchait la Loi, non la gloire. Ce qu'il rapporta tient dans des caisses de bois ; ce qu'il transforma tient dans des siècles de pensée."

    Paraphrase d'une stèle du Temple Dacien, Xi'an

    La Petite pagode de l'oie sauvage : l'autre mémoire Tang de Xi'an

    À 3 kilomètres au nord-ouest, le Temple Jianfu (荐福寺) abrite la Petite pagode de l'oie sauvage (小雁塔, Xiǎoyàn Tǎ), construite entre 707 et 709 sous la même dynastie Tang. Haute de 43,3 mètres (après la perte de ses deux niveaux supérieurs lors de séismes), elle est de plan quadrangulaire également, mais avec des toitures en corniche plus saillantes. Son profil effilé, légèrement plus ornemental, contraste avec la rigueur de la Grande pagode.

    Ces deux pagodes forment un ensemble cohérent dans la compréhension du bouddhisme Tang à Xi'an. Ensemble, elles témoignent d'une période où la capitale impériale chinoise était l'un des grands carrefours du bouddhisme mondial, entre l'Inde Gupta, l'Asie centrale et le Japon de l'époque Nara. Les peintures thangka de la boutique offrent un autre angle pour saisir l'iconographie bouddhiste qui circulait sur ces mêmes routes.

    FAQ

    Quelle est la différence entre la Grande et la Petite pagode de l'oie sauvage ?+

    La Grande pagode de l'oie sauvage (Dàyàn Tǎ, 64,5 m, 7 niveaux) fut construite en 652 à la demande du moine Xuanzang pour conserver les textes et reliques rapportés d'Inde. La Petite pagode (Xiǎoyàn Tǎ, 43,3 m) fut bâtie entre 707 et 709 dans le Temple Jianfu, à environ 3 km au nord-ouest. Ces deux monuments Tang partagent le même plan quadrangulaire en briques grises, mais la Petite pagode présente des corniches légèrement plus ornementées. Elles sont souvent visitées ensemble lors d'un circuit bouddhiste à Xi'an.

    Peut-on monter jusqu'au sommet de la pagode ?+

    Oui. La montée intérieure jusqu'au septième niveau est ouverte aux visiteurs, moyennant un supplément au ticket d'entrée du temple. L'escalier intérieur est étroit et raide ; il n'est pas adapté aux personnes à mobilité réduite. La vue depuis le sommet embrasse une grande partie du district de Yanta et, par temps clair, les reliefs du Qinling au sud de Xi'an.

    Quelle est la tradition bouddhiste représentée sur ce site ?+

    Xuanzang fonda à Chang'an l'école Weishi (唯識宗), branche chinoise du *Yogâcâra* indien, centrée sur l'étude de la conscience et la non-substantialité des phénomènes. Aujourd'hui, le Temple Dacien est affilié à l'école *Chan* (禪宗), la branche du bouddhisme Mahâyâna la plus répandue en Chine continentale, connue au Japon sous le nom de Zen et caractérisée par la méditation assise et la transmission directe entre maître et disciple.

    La pagode figure-t-elle au patrimoine mondial de l'UNESCO ?+

    Oui. La Grande pagode de l'oie sauvage fait partie du bien "Routes de la soie : le réseau de routes du corridor Chang'an-Tian-shan", inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2014 (référence 1442). Ce bien transnational couvre 33 sites répartis entre la Chine, le Kazakhstan et le Kirghizstan. La pagode y est retenue comme témoignage de la transmission culturelle et religieuse qui empruntait ces routes commerciales.

    Comment se rendre à la pagode depuis le centre de Xi'an ?+

    La station de métro la plus proche est Xiaozhai, sur la ligne 3, à environ 10-15 minutes à pied de l'entrée principale du Temple Dacien. Plusieurs lignes de bus municipaux relient également le site depuis la Tour de la Cloche (鐘樓), point central du réseau historique de Xi'an. En taxi ou via les plateformes de mobilité chinoises, compter 15-25 minutes depuis la gare ferroviaire principale selon la circulation.

    La pagode est-elle un lieu de culte actif ou uniquement un site touristique ?+

    Les deux à la fois. Le Temple Dacien qui entoure la pagode est un monastère bouddhiste en activité, affilié à l'école Chan. Des moines y résident, y pratiquent la liturgie quotidienne et y accueillent les fidèles chinois qui viennent brûler de l'encens ou réciter des sutras. La pagode elle-même est aussi ouverte aux visiteurs touristiques, moyennant droits d'entrée. La coexistence entre dévotion active et visite culturelle est habituelle dans les grands sites bouddhistes chinois.