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    Pagode du temple Xingshengjiao : histoire, architecture et guide de visite

    Pagode du temple Xingshengjiao : histoire, architecture et guide de visite Image

    Au coeur de la province du Fujian, en Chine du Sud-Est, la pagode du temple Xingshengjiao (兴胜教寺塔, Xīngshèngjiào Sì Tǎ) se dresse depuis plus de mille ans comme l'un des témoignages architecturaux bouddhistes les mieux préservés de la ville de Quanzhou. Classée au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2021 dans le cadre de l'inscription collective "Quanzhou : emporium mondial de la Chine des Song et Yuan", elle attire aussi bien les pèlerins bouddhistes que les historiens de l'art et les voyageurs curieux de comprendre ce que fut l'une des plus grandes métropoles marchandes du monde médiéval.

    ⭐ À retenir

    • Le temple Xingshengjiao est situé à Quanzhou, province du Fujian, Chine du Sud-Est.
    • Sa pagode principale date de la période des Song du Sud (XIIe-XIIIe siècle), avec des reconstructions ultérieures.
    • Il appartient à la tradition Chán (Chan), ancêtre direct du Zen japonais, dans la branche Mahâyâna.
    • Le site fait partie des monuments inscrits par l'UNESCO en 2021 sous le dossier "Quanzhou, emporium mondial des Song et Yuan".
    • La visite est ouverte aux non-pratiquants ; une tenue sobre et un comportement recueilli sont attendus.

    Localisation et contexte géographique

    Le temple Xingshengjiao se trouve dans le district de Nan'an, à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest du centre historique de Quanzhou, dans la province du Fujian. Quanzhou elle-même est une ville côtière du détroit de Taïwan, à environ 300 kilomètres au nord-est de Hong Kong et 60 kilomètres au nord-est de Xiamen.

    L'adresse administrative correspond au village de Guanqiao, district de Nan'an. Les coordonnées approximatives sont 24°54' N, 118°25' E. Depuis le centre de Quanzhou, la pagode du temple Xingshengjiao est accessible en bus longue distance (lignes interurbaines Nan'an) ou en taxi, trajet d'environ 40 minutes selon la circulation.

    Le contexte géographique est essentiel pour comprendre l'importance du site : Quanzhou était, sous les dynasties Song (960-1279) et Yuan (1271-1368), le premier port de commerce maritime de Chine. Des marchands arabes, perses, indiens et malayiens y séjournaient en permanence, créant une ville d'une diversité religieuse sans équivalent. Ce brassage culturel et commercial explique pourquoi les temples bouddhistes de la région portent parfois des influences islamiques ou hindoues dans leurs ornements.

    Vue aérienne du complexe du temple Xingshengjiao à Nan'an, province du Fujian, Chine
    Le complexe du temple Xingshengjiao s'étend sur un axe nord-sud strict, typique de l'architecture monastique Song.

    Tradition bouddhiste : le Chán et la lignée du Fujian

    Le temple Xingshengjiao relève de la tradition bouddhiste Chán (禪, prononcé "Chan"), variante sinicisée du *Dhyâna* sanskrit, que l'Occident connaît davantage sous sa forme japonaise : le Zen. Le Chán appartient au courant Mahâyâna (Grand Véhicule), qui met en avant l'idéal du bodhisattva : l'être qui reporte son éveil pour aider tous les êtres sensibles à atteindre la libération.

    Dans la province du Fujian, le Chán s'est développé à partir du IXe siècle, avec une influence particulièrement forte de l'école Linji (臨濟宗, Línjì Zōng), fondée par le maître Linji Yixuan (mort en 866). Cette école insiste sur l'éveil soudain, l'usage des *kōan* (questions paradoxales destinées à déstabiliser le mental ordinaire) et la pratique intensive de *zazen*, la méditation assise.

    Le temple Xingshengjiao a longtemps servi de centre de formation monastique pour les moines du Fujian méridional. Sa communauté (le *Sangha*) était réputée pour la rigueur de sa *Vinaya*, le code de discipline monastique codifié dans le *Tripitaka*, recueil canonique du bouddhisme.

    💡 Le savais-tu ?

    Le mot "Chan" est la transcription chinoise du sanskrit "Dhyâna" (concentration méditative), lui-même passé en japonais sous la forme "Zen" et en coréen sous la forme "Seon". Ces trois termes désignent donc la même racine doctrinale, adaptée à trois cultures et plusieurs siècles de pratique successive.

    Histoire de la construction : des Song aux restaurations modernes

    Les premières structures du temple Xingshengjiao remontent, selon les sources locales, à la fin de la période des Tang ou au tout début des Song (Xe siècle). La pagode telle qu'on peut encore l'observer aujourd'hui fut érigée sous les Song du Sud, probablement entre le XIIe et le XIIIe siècle, période durant laquelle Quanzhou connut une expansion économique et religieuse sans précédent.

    Plusieurs séismes importants ont frappé le Fujian entre le XIVe et le XVIIe siècle, contraignant à des reconstructions partielles sous les Ming (1368-1644) et les Qing (1644-1912). Ces phases successives expliquent les légères variations stylistiques visibles dans la maçonnerie : les assises inférieures de la pagode du temple Xingshengjiao montrent un appareil en granite gris typique des Song, tandis que certains couronnements ont été repris avec des techniques Qing plus tardives.

    Au XXe siècle, le temple subit les destructions de la Révolution culturelle (1966-1976), comme la grande majorité des sites cultuels chinois. Une première campagne de restauration eut lieu dans les années 1980 après la réouverture des lieux de culte bouddhistes autorisée par Pékin. Une restauration plus complète, financée conjointement par l'État et la diaspora fujianaise de Taïwan et de Malaisie, fut conduite entre 2005 et 2012. C'est cette version consolidée qui est visible aujourd'hui.

    Architecture remarquable : la pagode à cinq niveaux

    La pagode du temple Xingshengjiao est une pagode à plan octogonal sur cinq niveaux (五層八角塔, *wǔ céng bājiǎo tǎ*), entièrement construite en granite local. Cette forme est caractéristique de l'architecture bouddhiste du Fujian des Song : on la retrouve dans les deux célèbres pagodes de pierre du temple Kaiyuan, à Quanzhou, la Zhenguo Ta (Est) et la Rengchou Ta (Ouest), toutes deux érigées entre 1228 et 1250.

    Hauteur approximative : entre 22 et 25 mètres selon les sources. Chaque niveau est souligné par une corniche sculptée à consoles, dont les motifs représentent des lions gardiens, des nuages auspicieux et des lotus stylisés. Les huit faces de chaque niveau comportent des niches abritant des reliefs sculptés : bodhisattvas, gardiens célestes (*lokapâla*), et figures de moines assis en méditation.

    Relief sculpté en granite sur la pagode Song du temple Xingshengjiao, représentant un bodhisattva en méditation
    Les niches sculptées à chaque niveau révèlent bodhisattvas et gardiens célestes taillés directement dans le granite local.

    La base de la pagode repose sur un podium carré en granite, accessible par un escalier de sept marches. Ce chiffre n'est pas accidentel : sept est un nombre récurrent dans le canon Mahâyâna (les sept trésors, les sept facteurs d'éveil du *Bojjhanga*). L'intérieur de la pagode n'est pas accessible aux visiteurs : la structure est pleine à partir du deuxième niveau, selon la tradition architecturale Song pour les pagodes votives.

    Autour de la pagode, le complexe monastique comprend plusieurs halls alignés selon un axe nord-sud strict. De l'entrée vers le fond : le portail principal (*shanmen*), le pavillon de la cloche, le hall des Quatre Rois Célestes (*sì tiānwáng diàn*), le hall principal du Bouddha (*dàxióng bǎodiàn*) et, à l'arrière, le hall des Patriarches. La pagode est implantée à droite de cet axe, dans le quadrant nord-est du complexe.

    Statues, reliefs et iconographie présents sur le site

    Le hall principal abrite une statue du Bouddha Shâkyamuni assis en posture de *dhyâna* (méditation), réalisée en bois laqué doré, haute d'environ 2,80 mètres. Il est flanqué de ses deux disciples principaux : Ananda (à sa gauche) et Kashyapa (à sa droite), debout, en bronze doré.

    Dans les niches de la pagode, les reliefs sculptés en granite méritent une attention particulière. On identifie notamment :

    • Guanyin (觀音) : le bodhisattva de la compassion, représenté en posture assise, tenant un vase de nectar (*kundikâ*). Dans la tradition Mahâyâna chinoise, Guanyin est la forme féminine d'Avalokiteshvara, l'une des figures les plus vénérées du bouddhisme est-asiatique.
    • Weituo (韋馱) : gardien du Dharma, représenté en armure avec un *vajra* (foudre rituelle). Sa présence à l'entrée du hall signifie la protection de la communauté monastique.
    • Maitreya (彌勒) : le Bouddha du futur, souvent représenté en Chine sous les traits d'un moine bedonnant et rieur (Budai), visible dans le hall d'entrée.
    • Les Quatre Rois Célestes (*Caturmahârâja*) gardant les quatre directions cardinales, en stuc polychrome sous les Ming.
    Statue Bouddha de Thaïlande
    🙏 La reco de Ananda

    Statue Bouddha de Thaïlande

    Les halls du temple Xingshengjiao conservent des statues de Shâkyamuni en posture de méditation similaires à celles que l'on trouve dans tout le bouddhisme Mahâyâna. Cette figurine en posture de *dhyâna*, fabriquée selon les traditions thaïlandaises du bouddhisme Théravâda, est une représentation artistique du Bouddha historique. Elle peut servir de rappel visuel d'une visite ou de support à un autel personnel, selon la tradition dans laquelle on s'inscrit.

    À partir de 24,90 €

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    Le rôle du temple dans les pèlerinages du Fujian

    Quanzhou est une ville de pèlerinages multiples. Les bouddhistes du Fujian pratiquent des circuits rituels (香火路, *xiānghuo lù*) qui relient plusieurs temples majeurs de la région, dont le Kaiyuan Si, le Chengtianjiao Si et le Xingshengjiao Si. Ces circuits se déroulent principalement lors des fêtes du calendrier lunaire : la fête de Guanyin (19e jour du 2e mois lunaire), la fête de Qingming (début avril) et le festival de Yulan (15e jour du 7e mois lunaire, dit "fête des fantômes").

    Le temple Xingshengjiao attire également une forte diaspora fujianaise venue de Malaisie, de Singapour, des Philippines et de Taïwan. Ces communautés ont historiquement exporté les pratiques du bouddhisme du Fujian en Asie du Sud-Est, si bien que le temple est considéré comme un "temple-source" (祖庙, *zǔmiào*) par plusieurs monastères fondés à Penang, Kuala Lumpur et Taïchung. Des délégations monastiques d'Asie du Sud-Est font régulièrement le déplacement pour des cérémonies de renouvellement des liens avec la maison-mère.

    Pour le visiteur occidental, ce réseau de liens transnationaux explique l'atmosphère particulière du site lors des grandes fêtes : des groupes de pèlerins arrivant avec leurs propres *mantras*, leurs encens spécifiques et leurs traditions locales légèrement différentes de celles des moines résidents.

    Lors de ces rassemblements, il est courant d'observer des fidèles tenant un chapelet entre les mains pour accompagner leurs récitations. Dans la tradition Chán du Fujian, selon les pratiques héritées de l'école Linji, ce geste accompagne la répétition de formules de vénération plutôt qu'un comptage systématique de mantra, contrairement à l'usage tibétain (*Vajrayâna*). Le chapelet reste cependant un objet de dévotion présent dans toutes les branches du Mahâyâna.

    Mala Tibétain en bois de santal
    🙏 La reco de Ananda

    Mala Tibétain en bois de santal

    Dans la tradition tibétaine (*Vajrayâna*), le *mala* en bois de santal est un support de pratique utilisé pour compter les récitations de mantra lors de la méditation. Le bois de santal est apprécié dans de nombreuses traditions bouddhistes asiatiques pour son usage dans la fabrication d'encens et d'objets rituels, une caractéristique documentée depuis les textes du canon Pali. Ce mala, fabriqué selon les standards artisanaux tibétains, convient à tout pratiquant souhaitant disposer d'un chapelet de qualité pour accompagner sa propre pratique de récitation, quelle qu'en soit l'école.

    19,99 €

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    Pèlerins bouddhistes en prière dans la cour du temple Xingshengjiao lors d'une fête du calendrier lunaire
    Lors des grandes fêtes lunaires, des pèlerins de la diaspora fujianaise d'Asie du Sud-Est font le voyage jusqu'au temple-source.

    Importance dans le patrimoine UNESCO de Quanzhou

    En juillet 2021, à la 44e session du Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO tenue à Fuzhou, le dossier "Quanzhou : emporium mondial de la Chine des Song et Yuan" a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial. Ce dossier regroupe 22 sites composants répartis dans la ville et sa périphérie.

    Parmi ces composantes, plusieurs sont directement liées au bouddhisme : le temple Kaiyuan, les deux pagodes de la place Xihu, la grotte de Jiuri Mountain avec ses bas-reliefs bouddhistes Song, et le site de Xingshengjiao. L'inscription reconnaît le rôle du bouddhisme comme vecteur de cohésion sociale et d'échange culturel dans une ville cosmopolite qui accueillait simultanément des mosquées, des temples hindous, des églises nestoriennes et des synagogues.

    Depuis 2021, le site fait l'objet d'une surveillance patrimoniale renforcée. L'accès à certaines zones proches de la pagode est balisé par des cordes et des panneaux indicateurs demandant aux visiteurs de ne pas toucher les pierres sculptées.

    Critère Temple Xingshengjiao Temple Kaiyuan (référence)
    Époque de fondation Xe siècle (Tang tardif / Song) 686 (Tang)
    Tradition bouddhiste Chán (école Linji) Chán / Terre Pure
    Type de pagode Octogonale, 5 niveaux, granite Octogonale, 5 niveaux, granite (x2)
    Inscription UNESCO Oui (2021, dossier Quanzhou) Oui (2021, dossier Quanzhou)
    Accès visiteurs Ouvert, pagode non pénétrable Ouvert, halls accessibles
    Pèlerinage diaspora Fort (Malaisie, Taïwan, Philippines) Très fort (international)

    Conditions de visite : horaires, code vestimentaire et photographie

    Le temple Xingshengjiao est accessible au public tous les jours de la semaine, généralement de 8h00 à 17h30. Ces horaires peuvent être réduits lors des jours de cérémonie importante (grandes fêtes du calendrier lunaire), quand la priorité est donnée aux pèlerins. Un appel préalable à l'administration du temple ou une vérification auprès de l'office de tourisme de Nan'an est conseillé avant tout déplacement planifié pour une date particulière.

    L'entrée est libre ou soumise à une participation modeste (généralement entre 5 et 15 yuans, soit moins de 2 euros). Les dons sont acceptés et encouragés à l'intérieur des halls ; des bâtons d'encens sont disponibles à l'achat auprès des gardiens du temple.

    Code vestimentaire : épaules et genoux couverts. Les tenues très courtes ou décolletées sont incompatibles avec le respect dû au lieu. Des sarongs de prêt sont parfois disponibles à l'entrée, mais leur disponibilité n'est pas garantie. Chaussures retirées avant d'entrer dans les halls principaux : des pantoufles de temple peuvent être fournies, sinon les chaussettes suffisent.

    Photographie : autorisée dans les espaces extérieurs et la cour principale. À l'intérieur des halls en activité cultuelle, la photographie est déconseillée et dans certains cas interdite par les panneaux de signalétique du site. Si des cérémonies sont en cours, la présence silencieuse est tolérée mais les appareils photo restent rangés. Les drones sont formellement interdits sur l'ensemble du périmètre depuis la mise en place de la réglementation patrimoniale UNESCO de 2022.

    Comportement général : le silence est de mise dans les halls. Évitez de pointer du doigt les statues, geste considéré irrévérencieux dans la tradition bouddhiste chinoise. Si un moine vous adresse la parole, une légère inclinaison de la tête est une marque de politesse suffisante ; joindre les mains en geste d'*anjali* est également bien reçu.

    Préparer sa visite : conseils pratiques depuis Quanzhou

    La combinaison la plus logique pour un voyage bouddhiste dans la région est Quanzhou centre - Nan'an (Xingshengjiao) - retour par le temple Kaiyuan. Cette boucle d'une journée permet de confronter deux niveaux de préservation : le Kaiyuan, très restauré et très fréquenté, face au Xingshengjiao, plus discret et plus proche de l'atmosphère d'un temple vivant.

    Les transports depuis Quanzhou :

    • Bus intercity depuis la gare routière de Quanzhou Nanmen jusqu'à Nan'an : départs fréquents entre 7h et 18h, durée environ 40 minutes, tarif environ 8-12 yuans.
    • Depuis Nan'an, moto-taxi ou taxi jusqu'au village de Guanqiao : 10-15 minutes, tarif négocié.
    • Si vous venez depuis Xiamen, un bus express relie les deux villes en 70 minutes ; la gare routière de Quanzhou est le point de départ idéal.

    La meilleure période pour visiter est le printemps (mars-mai) ou l'automne (septembre-novembre). Les étés du Fujian sont chauds et humides, avec des typhons possibles de juillet à septembre. L'hiver est doux mais pluvieux.

    Pour les amateurs de bijoux bouddhistes souhaitant ramener un objet symbolique, les environs du temple Kaiyuan de Quanzhou concentrent les boutiques d'artisanat religieux : perles en bois de bodhi, bracelets en obsidienne noire, pendentifs en jade local. Les prix sont nettement inférieurs à ceux des boutiques de Xiamen ou Shanghai, et la qualité des pièces en pierre dure est contrôlable sur place.

    Enfin, si votre intérêt pour la pratique Chán dépasse la visite touristique, certains monastères du Fujian proposent des séjours de retraite courte (2 à 5 jours) incluant zazen matinal, repas végétariens et enseignements. Renseignez-vous directement auprès des moines résidents lors de votre visite ; une approche respectueuse et une lettre de demande en chinois simplifié augmentent considérablement vos chances d'accueil.

    "Une tour de pierre sans paroles enseigne pourtant le Dharma à ceux qui savent regarder."

    Adage attribué aux maîtres Chán de l'école Linji, transmis dans les monastères du Fujian.

    Le temple Xingshengjiao au regard du bouddhisme mondial contemporain

    Les grands temples du Fujian occupent une position singulière dans le bouddhisme contemporain. Ils sont à la fois des lieux de pratique vivante, des centres de conservation patrimoniale et des points nodaux d'un réseau religieux transnational qui connecte la Chine continentale à plusieurs millions de fidèles en Asie du Sud-Est.

    La tradition Chán du Fujian méridional a, entre le XVIe et le XVIIIe siècle, directement influencé le bouddhisme taïwanais, la plupart des lignées bouddhistes chinoises de Malaisie et des Philippines, et indirectement certains courants du bouddhisme vietnamien (*Thiền*). Comprendre un temple comme le Xingshengjiao, c'est donc lire une partie de la carte de diffusion du bouddhisme Mahâyâna en Asie.

    Pour les pratiquants francophones qui s'intéressent aux bijoux tibétains et bouddhistes comme supports de pratique, il peut être utile de noter que les objets du Fujian (chapelets en bois de bodhi, amulettes en cuivre) relèvent d'une iconographie Mahâyâna distincte de celle du Vajrayâna tibétain. Les deux courants partagent la même vénération de Guanyin et du Bouddha Shâkyamuni, mais les formes, couleurs et matériaux des objets rituels diffèrent sensiblement.

    FAQ : pagode du temple Xingshengjiao

    Où se trouve exactement le temple Xingshengjiao ?+

    Le temple Xingshengjiao est situé dans le district de Nan'an, à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest du centre de Quanzhou, dans la province du Fujian, en Chine du Sud-Est. Le village de référence est Guanqiao, aux coordonnées approximatives 24°54' N, 118°25' E.

    La pagode du temple Xingshengjiao est-elle classée UNESCO ?+

    Oui. La pagode du temple Xingshengjiao fait partie des 22 sites composants du bien inscrit "Quanzhou : emporium mondial de la Chine des Song et Yuan", classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en juillet 2021 lors de la 44e session du Comité du patrimoine mondial tenue à Fuzhou.

    Quelle tradition bouddhiste pratique-t-on au temple Xingshengjiao ?+

    Le temple appartient à la tradition Chán (l'équivalent chinois du Zen japonais), dans la lignée de l'école Linji. C'est un courant Mahâyâna qui met l'accent sur la méditation assise et l'éveil direct, distinct du bouddhisme tibétain (Vajrayâna).

    Peut-on entrer à l'intérieur de la pagode ?+

    Non. Comme la plupart des pagodes votives Song en granite du Fujian, la pagode du temple Xingshengjiao est une structure pleine à partir du deuxième niveau. L'intérieur n'est pas accessible aux visiteurs.

    Quand visiter le temple pour assister à une cérémonie ?+

    Les périodes les plus animées sont la fête de Guanyin (19e jour du 2e mois lunaire, soit généralement mars-avril), Qingming (début avril dans le calendrier solaire) et le festival Yulan (7e mois lunaire, entre août et septembre). Les matins en semaine restent les moments les plus calmes pour une visite contemplative.

    Quelle est la différence entre la pagode de Xingshengjiao et celles du temple Kaiyuan ?+

    Les trois pagodes partagent la même forme octogonale à cinq niveaux en granite, caractéristique du style architectural Song du Fujian. Les deux pagodes du Kaiyuan (Zhenguo Ta et Rengchou Ta, érigées entre 1228 et 1250) sont plus grandes, mieux documentées et davantage restaurées. La pagode de Xingshengjiao présente un état de conservation plus discret et une atmosphère plus recueillie, avec une fréquentation touristique nettement inférieure.