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    Pagode Manfeilong Jinghong : histoire, architecture et guide de visite

    Pagode Manfeilong Jinghong : histoire, architecture et guide de visite Image

    Un monument bouddhiste au cœur du Xishuangbanna

    À quinze kilomètres au sud de Jinghong, capitale de la préfecture autonome Dai du Xishuangbanna, dans la province chinoise du Yunnan, une colline boisée abrite l'un des ensembles cultuels les plus singuliers de toute la Chine du Sud. La pagode Manfeilong, connue en langue Dai sous le nom de Ta Bai Longzhu (littéralement « stupas blancs »), dresse ses neuf flèches calcaires au-dessus de la canopée tropicale depuis le XIIIe siècle. Ce site classé constitue l'un des rares exemples de pagode Manfeilong dans l'architecture Theravâda de Chine continentale, et il mérite que l'on s'y arrête avec attention.

    Le site appartient au village de Manfeilong, dans le district de Damenglong (Menglong). Ses coordonnées géographiques sont approximativement 21°50' N, 100°23' E. Pour les visiteurs qui arrivent par Jinghong, la route nationale S214 puis une piste goudronnée conduisent directement au pied de la colline, après environ 30 à 40 minutes de trajet selon la circulation.

    💡 Le savais-tu ?

    Le nom « Xishuangbanna » est la transcription phonétique du terme Dai Sipsòng Panna, qui signifie « douze mille rizières ». Cette région frontalière avec le Myanmar et le Laos constitue l'une des rares zones de Chine continentale où le bouddhisme Theravâda est pratiqué depuis au moins huit siècles comme religion majoritaire.

    Groupe de stupas blancs de la pagode Manfeilong sur leur colline boisée à Jinghong, Yunnan
    Les neuf stûpas de Manfeilong forment une silhouette reconnaissable depuis les rizières environnantes.

    Tradition Theravâda chez les Dai : un bouddhisme souvent méconnu

    La pagode Manfeilong relève du bouddhisme Theravâda, la « voie des anciens », tradition dominante en Asie du Sud-Est continentale (Thaïlande, Myanmar, Laos, Cambodge, Sri Lanka). Cette appartenance la distingue radicalement de la majorité des temples bouddhistes chinois, qui relèvent du Mahâyâna ou du Vajrayâna tibétain.

    Les Dai du Xishuangbanna ont adopté le Theravâda, selon les sources historiques, entre le XIe et le XIIIe siècle, via des voies commerciales et diplomatiques reliant la région aux royaumes Môn et Pagan de l'actuel Myanmar. Aujourd'hui encore, les jeunes garçons Dai entrent traditionnellement en monastère pour une période d'initiation, une pratique directement calquée sur le modèle thaï et lao.

    Les textes religieux utilisés dans les monastères Dai sont rédigés en pali, la langue canonique du Theravâda, et en ancien dai. Le canon Pali, connu sous le nom de Tipitaka (dont le Sutta Pitaka rassemble les discours attribués au Buddha historique Siddhartha Gautama), structure l'enseignement doctrinal de ces communautés. Cette continuité textuelle avec les traditions du Sri Lanka et du Myanmar confère à Manfeilong une cohérence doctrinale rare pour un site de Chine continentale : les moines y récitent les mêmes formules pali que leurs homologues de Chiang Mai ou de Vientiane.

    ⭐ À retenir

    • La pagode Manfeilong date du XIIIe siècle et compte parmi les monuments Theravâda les plus anciens de Chine.
    • Elle regroupe neuf stûpas de hauteurs différentes sur une seule base octogonale, une composition unique dans la région.
    • Le site est actif : des moines y résident et des fidèles Dai viennent y prier régulièrement.
    • Le festival Songkran (Nouvel An Dai, généralement en avril) y rassemble plusieurs milliers de pèlerins chaque année.
    • L'accès est libre ou payant selon la période ; un code vestimentaire sobre est requis pour entrer dans l'enceinte sacrée.

    Histoire et datation : entre légende et archéologie

    La tradition orale Dai attribue la fondation de Manfeilong à l'an 1204. Selon la légende locale, le site aurait été choisi parce que l'empreinte du pied du Buddha Gautama y aurait été retrouvée dans un rocher, une empreinte que les fidèles vénèrent encore aujourd'hui dans une des niches de la structure principale.

    Les données archéologiques et historiques corroborent partiellement cette datation. Des inscriptions en ancien dai relevées sur le site par des chercheurs de l'Université du Yunnan situent les premières constructions entre la fin du XIIe et le début du XIIIe siècle, ce qui correspond à la période de consolidation du premier État Dai du Xishuangbanna, le Jinglong Jinzhuang (Mueang Chiang Hung).

    Des restaurations majeures ont été conduites aux XVIIe et XIXe siècles, puis à nouveau dans les années 1980 après que le site eut souffert des dommages de la Révolution culturelle (1966-1976), période durant laquelle de nombreux temples et monastères de Chine furent fermés ou partiellement détruits. La restauration post-1978 a été financée conjointement par le gouvernement provincial du Yunnan et par les communautés bouddhistes Dai locales. Ce financement mixte, associant autorités civiles et Sangha local, illustre bien le statut particulier du Xishuangbanna dans la politique religieuse chinoise contemporaine.

    « Là où le pied du Bienheureux a touché la terre, aucun mal ne peut durer. »

    Tradition orale Dai, transmise par les moines du temple de Manfeilong

    Architecture : neuf stûpas sur une base unique

    Ce qui frappe d'emblée à Manfeilong, c'est la composition d'ensemble. Contrairement à une pagode isolée, le complexe de stûpas de Manfeilong regroupe neuf tours sur une même plateforme octogonale en briques blanchies à la chaux. Le stûpa central mesure environ 16,3 mètres de hauteur ; les huit stûpas périphériques, disposés symétriquement, atteignent chacun 9,1 mètres.

    La forme générale de chaque stûpa s'inscrit dans la tradition Theravâda d'Asie du Sud-Est : une base évasée à plusieurs registres, un fût en ogive allongée, un couronnement en parasols étagés (chattra), et une flèche finale surmontée d'un disque métallique doré. Cette morphologie rapproche Manfeilong des stûpas birmans et lao bien plus que des pagodes chinoises classiques à étages multiples.

    Détail des bas-reliefs sculptés à la base d'un stûpa de la pagode Manfeilong, Yunnan
    Les niches abritant des figures du Buddha ornent la base de chaque stûpa avec une finesse artisanale rare.

    Chaque stûpa porte à sa base une série de niches en arc brisé, à l'intérieur desquelles sont placées des figures du Buddha en position de dhyana mudra (méditation) ou de bhumisparsha mudra (le geste de toucher la terre, qui rappelle le moment de l'Éveil). Ces figures, hautes d'environ 40 à 60 cm, sont en stuc peint. Certaines portent encore des restes de dorure ancienne visibles sous les couches de peinture blanche des restaurations successives.

    La surface extérieure des stûpas est entièrement recouverte d'un enduit blanc à la chaux, renouvelé régulièrement par les fidèles et les moines lors de cérémonies rituelles, ce qui confère au monument son surnom populaire de « forêt de stupas blancs ». Ce geste d'entretien collectif n'est pas anodin : dans la pratique Theravâda, participer au blanchiment d'un stûpa est considéré comme un acte de mérite (*puñña*), un geste de dévotion concret ancré dans la vie communautaire Dai.

    Élément Pagode Manfeilong (Yunnan) Pagode typique Mahâyâna (Chine centrale)
    Tradition Theravâda (Sud-Est asiatique) Mahâyâna (Chine, Corée, Japon)
    Forme Stûpas en ogive bulbeuse, blanchis Tour à étages en bois ou brique
    Nombre de tours 9 sur une base commune 1 tour à étages impairs (3, 5, 7, 9, 13)
    Matériaux dominants Brique, stuc blanc, métal doré Bois de cèdre, tuiles vernissées, pierre
    Hauteur stûpa principal ~16,3 mètres Variable (20 à 80 mètres selon les sites)
    Usage liturgique Circumambulation, offrandes, pèlerinage Reliques, prières, cloches rituelles

    Statues, reliques et symbolique bouddhiste du site

    Au-delà des figures en stuc des niches extérieures, le complexe de Manfeilong abrite plusieurs éléments cultuels importants. L'empreinte de pied vénérée comme celle du Buddha, taillée dans un rocher de latérite, est protégée par un petit pavillon ouvert à l'ouest du groupe de stûpas. Sa dimension (environ 50 cm de longueur) et sa forme stylisée sont caractéristiques des empreintes sacrées que l'on retrouve dans tout le monde Theravâda, notamment en Thaïlande (Wat Phra Phutthabat, Saraburi) et au Sri Lanka (Adam's Peak).

    Dans la salle de prières attenante, un Buddha assis en position de méditation de grande taille, réalisé en bronze doré, occupe le fond du sanctuaire. Des offrandes florales, des bâtons d'encens et des feuilles de bananier chargées de riz gluant y sont déposées quotidiennement par les fidèles. L'encens utilisé ici est souvent un mélange de bois de santal et de résines locales, différent des bâtonnets standardisés que l'on trouve dans les temples du nord de la Chine.

    Importance dans le pèlerinage régional et international

    Manfeilong occupe une place centrale dans le réseau de lieux saints bouddhistes Theravâda du Xishuangbanna, aux côtés du temple Wat Pajay (Manting) à Jinghong même et du monastère de Damenglong. Ces trois sites forment un circuit de pèlerinage que les fidèles Dai parcourent à l'occasion des fêtes religieuses principales : le Nouvel An Dai (Songkran), la fête de l'eau, et la période de retraite des pluies (Vassa, appelée Ho Khao Vatsa en dai).

    Le site attire également des pèlerins venus de Thaïlande, du Myanmar et du Laos, pays voisins partageant la même tradition Theravâda. Cette dimension transfrontalière lui confère un statut particulier dans le paysage bouddhiste du Sud-Est asiatique continental. Des délégations monastiques thaïlandaises y séjournent ponctuellement, témoignant de liens culturels et religieux qui précèdent de loin les frontières nationales actuelles.

    Fidèles Dai en tenue traditionnelle déposant des offrandes florales lors d'un rituel bouddhiste à Jinghong
    Durant Songkran et les fêtes Dai, les offrandes fleuries se multiplient au pied des stûpas.

    Pour les pratiquants bouddhistes en pèlerinage en Asie du Sud-Est, Manfeilong constitue une étape logique avant ou après un séjour à Luang Prabang (Laos) ou Chiang Mai (Thaïlande), les deux autres grands centres Theravâda de la région. La frontière terrestre entre Jinghong et le Laos est accessible via Mohan/Boten, à environ 240 km au nord, ou via un passage fluvial sur le Mékong selon les périodes.

    Robe Kesa Moine bouddhiste
    La reco de Ananda

    Robe Kesa Moine bouddhiste

    Dans les monastères Theravâda de la région, les moines revêtent une robe monochrome dont la coupe et la couleur varient selon les sous-traditions. Cette robe Kesa de tradition chinoise, en matériaux de qualité, respecte les codes vestimentaires monastiques proches de ceux observés à Manfeilong et dans les temples Dai environnants. Elle intéressera les pratiquants qui participent à des séjours de pratique ou souhaitent marquer leur engagement dans la voie du Dharma.

    109.90 EUR

    Voir le produit →

    Le festival de Songkran à Manfeilong : le moment le plus vivant

    Le Nouvel An Dai, Songkran en thaï (connu localement sous le nom de Po Shui, la fête de l'aspersion d'eau), se tient chaque année entre le 13 et le 16 avril selon le calendrier solaire. C'est la période où Manfeilong est le plus fréquenté : des dizaines de milliers de personnes convergent vers Jinghong et ses environs, et le site de Manfeilong accueille plusieurs cérémonies rituelles chaque jour.

    Le matin du premier jour, des cortèges de moines en robe safran descendent du monastère vers les stûpas pour verser de l'eau bénite sur les figures du Buddha. Les familles Dai apportent des offrandes : fleurs de frangipanier, bougies, feuilles de bananier, noix de coco. L'après-midi, les batailles d'eau rituelles qui font la célébrité de Songkran dans toute l'Asie du Sud-Est se déroulent dans le village et sur la route principale, mais l'enceinte du temple reste un espace de recueillement.

    En dehors de cette période, le site accueille aussi des célébrations lors de Visakha Puja (commémoration de la naissance, de l'Éveil et du Parinirvâna du Buddha, en mai ou juin selon le calendrier lunaire) et lors des jours de pleine et nouvelle lune, les jours d'Uposatha du calendrier Theravâda.

    Conditions de visite : horaires, tenue et photographie

    Le site est accessible toute l'année. Les horaires habituels d'ouverture s'échelonnent de 8h00 à 18h00, avec une fermeture possible entre 12h00 et 14h00 pendant la saison chaude. Des droits d'entrée sont perçus depuis au moins les années 2000 : ils s'établissaient autour de 20 à 30 RMB par personne selon les informations disponibles, mais ces tarifs peuvent évoluer. Vérifiez les informations actualisées auprès de votre hébergement à Jinghong ou sur la plateforme officielle du tourisme du Yunnan avant votre départ.

    Le code vestimentaire est identique à celui des temples Theravâda de toute la région : épaules couvertes, genoux couverts pour les femmes et les hommes. Des sarongs de location sont généralement proposés à l'entrée pour les visiteurs non préparés. Retirer ses chaussures avant d'entrer dans les salles de prière et dans l'enceinte immédiate des stûpas est obligatoire.

    La photographie est généralement autorisée dans les espaces extérieurs. À l'intérieur des salles de prière, demandez l'autorisation avant de sortir un appareil photo, particulièrement lors des offices du matin (entre 6h00 et 8h00) et du soir (autour de 18h00), où des moines récitent des textes pali. Le respect des offices prime sur toute considération touristique.

    ⚠️ Attention

    Durant le festival Songkran (mi-avril), l'accès au site peut être momentanément restreint lors des cérémonies religieuses du matin. Les routes menant à Manfeilong sont susceptibles d'être embouteillées plusieurs kilomètres à la ronde. Prévoyez d'arriver avant 7h00 ou après 15h00 pour une visite plus sereine. L'organisation d'un guide local francophone ou anglophone est recommandée, car les panneaux sur place sont quasi exclusivement en mandarin et en dai.

    Accès pratique depuis Jinghong et les environs

    Jinghong dispose d'un aéroport international desservi depuis Kunming (environ 50 minutes de vol), Chengdu, Guangzhou et Bangkok. Depuis la gare routière de Jinghong, des minibus desservent Damenglong (Menglong) toutes les heures environ ; descendez à l'arrêt le plus proche du village de Manfeilong et comptez 5 à 10 minutes à pied jusqu'au pied de la colline.

    En taxi ou en moto-taxi depuis le centre de Jinghong, le trajet prend entre 25 et 40 minutes selon le trafic. Les agences de voyages locales proposent des circuits combinant Manfeilong avec d'autres sites du district, notamment les villages Dai de Ganlanba et les forêts tropicales de la réserve naturelle de Xishuangbanna. Pour les voyageurs venant de Chiang Rai (Thaïlande) par voie fluviale sur le Mékong, Jinghong est accessible en deux jours de navigation.

    🗂️ La collection

    Aide à la Méditation

    La pratique de la circumambulation et de la méditation assise que l'on observe à Manfeilong s'appuie sur des supports concrets : coussins, malas, textes. Ces objets de pratique, sélectionnés dans la tradition bouddhiste, accompagnent une démarche contemplative sérieuse, que vous soyez en voyage au Yunnan ou dans votre quotidien.

    178 références

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    Manfeilong dans le contexte des sites bouddhistes du Yunnan

    Le Yunnan est une province exceptionnelle pour qui s'intéresse aux diverses traditions bouddhistes : on y trouve du Theravâda Dai dans le Xishuangbanna (Manfeilong, Wat Pajay), du Vajrayâna tibétain dans la préfecture de Diqing (Dechen, Shangri-La), et du bouddhisme Mahâyâna chinois classique dans les villes de Dali et Kunming.

    Parmi les autres sites Theravâda remarquables accessibles depuis Jinghong figure le temple de Wat Longkun à Menghan (Ganlanba), dont les toits dorés à plusieurs pans rappellent directement l'architecture lao. Plus au nord, le monastère de Dongzhulin, dans le district de Diqing, illustre à lui seul la diversité des pratiques bouddhistes yunnanaises, relevant lui du Vajrayâna tibétain.

    Pour les voyageurs qui souhaitent approfondir leur compréhension du bouddhisme Theravâda en Asie du Sud-Est, une lecture recommandée reste le Majjhima Nikaya, le « Recueil des discours de longueur moyenne » du Sutta Pitaka, dont plusieurs traductions françaises sont disponibles. Ce texte fondamental, récité quotidiennement dans des milliers de monastères de la région, éclaire la doctrine que les moines de Manfeilong continuent de transmettre.

    Bracelet de la Chance Tibétain Retro
    La reco de Ananda

    Bracelet Tibétain Retro

    Dans la tradition des marches himalayennes et yunnanaises, les pratiquants bouddhistes portent souvent des bracelets tressés comme signe visible de leur appartenance au Dharma. Ce bracelet tibétain tressé, inspiré des objets de dévotion de la tradition Vajrayâna, illustre la continuité culturelle entre les communautés bouddhistes du Yunnan et celles du Tibet et du Nepal.

    À partir de 44.90 EUR

    Voir le produit →

    Ce que Manfeilong dit encore aujourd'hui

    Huit siècles après sa fondation supposée, la pagode Manfeilong reste un lieu de pratique vivant. Des moines y récitent des textes pali chaque matin. Des femmes Dai y apportent du riz gluant et des fleurs. Des enfants du village y sont initiés selon les rites d'ordination temporaire qui structurent la vie masculine Dai depuis des générations.

    Le monument échappe à la muséification qui guette tant de sites patrimoniaux. Il tient cet équilibre rare entre héritage architectural protégé et communauté religieuse active, entre intérêt touristique croissant et fonctionnement rituel quotidien. Pour le visiteur attentif, c'est précisément cette tension qui rend le lieu mémorable : les stûpas blancs ne sont pas un décor, ils sont le centre géographique et symbolique d'une pratique qui continue.

    Visiter la pagode Manfeilong demande du soin, un peu de préparation logistique, et une disposition à ne pas tout photographier. En échange, le site offre une introduction concrète à un bouddhisme Theravâda trop souvent ignoré par les voyageurs qui limitent leur exploration de la spiritualité bouddhiste en Chine aux temples Mahâyâna des grandes villes côtières.

    FAQ

    Où se trouve exactement la pagode Manfeilong ?+

    La pagode Manfeilong se trouve dans le village de Manfeilong, à environ 15 km au sud de Jinghong, dans le district de Damenglong (Menglong), préfecture autonome Dai du Xishuangbanna, province du Yunnan (Chine). Les coordonnées GPS approximatives sont 21°50' N, 100°23' E.

    Quelle tradition bouddhiste représente ce site ?+

    Manfeilong relève du bouddhisme Theravâda, la tradition des « anciens », dominante en Asie du Sud-Est continentale. Elle se distingue du bouddhisme Mahâyâna pratiqué dans la majorité de la Chine. Le Theravâda s'appuie sur le canon Pali (Tipitaka), dont le Sutta Pitaka constitue le recueil principal des enseignements du Buddha.

    Combien de stûpas compte le complexe et quelle est leur hauteur ?+

    Le complexe regroupe neuf stûpas sur une même plateforme octogonale. Le stûpa central mesure environ 16,3 mètres ; les huit stûpas périphériques atteignent chacun environ 9,1 mètres. Tous sont recouverts d'un enduit blanc à la chaux renouvelé rituellement.

    Quelle est la meilleure période pour visiter Manfeilong ?+

    La période la plus vivante est celle du festival de Songkran (mi-avril), durant laquelle cérémonies et offrandes se multiplient. Pour une visite plus calme, préférez novembre à février, saison sèche avec des températures agréables (18-24°C). Évitez la saison des pluies (juin à septembre) si vous n'êtes pas familier des routes de montagne yunnanaises.

    Le site est-il ouvert aux non-bouddhistes ?+

    Oui. Comme la très grande majorité des temples bouddhistes Theravâda d'Asie du Sud-Est, Manfeilong accueille les visiteurs quelle que soit leur appartenance religieuse, à condition de respecter le code vestimentaire (épaules et genoux couverts, chaussures retirées à l'entrée des salles de prière) et de ne pas perturber les offices.

    Quand a été fondée la pagode Manfeilong et a-t-elle été restaurée ?+

    Selon la tradition orale Dai, le site date de 1204. Les inscriptions en ancien dai relevées par des chercheurs de l'Université du Yunnan confirment une datation entre la fin du XIIe et le début du XIIIe siècle. Des restaurations majeures ont eu lieu aux XVIIe et XIXe siècles, puis dans les années 1980 après les dommages subis pendant la Révolution culturelle (1966-1976). Le financement de la restauration post-1978 a été assuré conjointement par le gouvernement du Yunnan et les communautés bouddhistes Dai locales.