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    Temple de Jing'an : histoire, architecture et guide de visite complet

    Temple de Jing'an : histoire, architecture et guide de visite complet Image

    Au croisement de la rue Nanjing Ouest et de la station de métro qui porte son nom, un ensemble de toits vernissés dorés tranche net sur la ligne d'immeubles de verre de Shanghai. Le Temple de Jing'an n'est pas un vestige muséifié : les brûleurs d'encens fument, les moines récitent, et des centaines de fidèles s'agenouillent chaque matin avant d'aller travailler. C'est l'un des sanctuaires bouddhistes les plus anciens et les plus fréquentés de Chine, planté depuis plus de 1 700 ans dans ce qui est aujourd'hui l'une des artères commerciales les plus denses du monde.

    ⭐ À retenir

    • Fondé en 247 apr. J.-C., le temple est l'un des plus anciens de Shanghai.
    • Il appartient à l'école Chan (bouddhisme Mahâyâna), souche directe du futur Zen japonais.
    • La grande statue de Bouddha Maitreya en jade birman atteint 3,8 mètres de hauteur.
    • Ouvert tous les jours, accès payant (env. 50 CNY) ; tenue sobre requise.
    • Situé à 200 mètres de la station de métro Jing'an Temple (lignes 2 et 7).
    • Meilleure période de visite : semaine ordinaire entre 7h30 et 9h00, hors fêtes lunaires majeures.

    Une fondation datant de l'ère des Trois Royaumes (247 apr. J.-C.)

    Le temple est fondé en 247 apr. J.-C., sous le règne de Sun Quan, seigneur du Royaume de Wu, l'une des trois puissances qui se disputent alors la Chine. À cette époque, il s'appelle Huguo Si ("temple protecteur de l'État") et s'élève sur la rive ouest de la rivière Suzhou, à plusieurs kilomètres de son emplacement actuel.

    En 1216, sous la Dynastye Song, l'abbé Xingduan obtient l'autorisation impériale de déplacer l'ensemble du complexe vers son site contemporain. C'est à ce moment que le nom change : Jing'an, qui se traduit littéralement par "tranquillité pure" ou "quietude sereine", deux termes qui résonnent directement avec l'idéal de samatha (apaisement mental) du Dharma Chan. Le temple conserve ce nom depuis lors, traversant sans le perdre les bouleversements des dynasties Ming, Qing, et la modernité républicaine.

    Le XIXe siècle est une période faste : l'abbé Menglan, personnage haut en couleur qui aurait entretenu huit concubines et consommé de l'opium selon les chroniques locales, gère le temple avec une autorité redoutable et accumule des ressources considérables. Son successeur ramène une discipline plus orthodoxe, mais les recettes foncières du temple restent parmi les plus importantes de la région.

    Gardien en pierre à l'entrée du Temple de Jing'an à Shanghai, granite patiné au soleil du matin
    Les lions gardiens en granit flanquent la Grande Porte depuis la restauration de 2010, selon la tradition des temples Chan du Jiangnan.

    Le bouddhisme Chan : tradition et lignée du Temple de Jing'an

    Le Temple de Jing'an appartient à l'école Chan, branche du bouddhisme Mahâyâna née en Chine au VIe siècle et associée à la figure semi-légendaire de Bodhidharma. Le Chan insiste sur la pratique directe de la méditation assise (zuochan), la transmission de maître à disciple hors des textes, et l'idée que l'éveil (jue, équivalent du Bodhi sanskrit) est accessible dans cette vie, par l'expérience immédiate plutôt que par l'érudition scripturaire.

    Ce courant est la matrice du Zen japonais, du Seon coréen et du Thiền vietnamien. À Jing'an, la pratique liturgique quotidienne suit le calendrier lunaire traditionnel : récitations des sutras au lever du soleil, cérémonies d'offrandes à midi, et méditation collective en soirée. Les moines résidents, ordonnés selon le Vinaya Mahâyâna, appartiennent à la Sangha reconnue par l'Association bouddhiste de Chine.

    💡 Le savais-tu ?

    Le mot "Chan" est la translittération chinoise du sanskrit Dhyâna, qui signifie "absorption méditative". Ce même terme devient "Zen" en japonais, "Seon" en coréen et "Thiền" en vietnamien : quatre traditions distinctes, une même racine phonétique et spirituelle.

    L'architecture remarquable : un complexe reconstruit à l'identique après des décennies de fermeture

    La Révolution culturelle chinoise (1966-1976) transforme le temple en fabrique de plastique. Les statues sont détruites ou cachées, les moines dispersés ou emprisonnés. Le site reste fermé au culte jusqu'en 1983, date à laquelle les autorités autorisent une réouverture progressive dans le cadre des réformes religieuses de Deng Xiaoping.

    Une vaste campagne de restauration s'étale de 1999 à 2010, financée en partie par des donations de fidèles du monde entier. L'ensemble actuel couvre environ 23 000 m² et se compose de trois cours successives articulées autour d'un axe nord-sud, selon le plan canonique des monastères bouddhistes chinois.

    • La Grande Porte (Shanmen) : flanquée de deux lions en pierre, elle marque la frontière entre l'espace profane de Nanjing Lu et l'enceinte sacrée. Les vantaux laqués rouge portent des têtes de clous dorées traditionnelles.
    • Le Pavillon des Quatre Rois Célestes (Tianwang Dian) : première salle après le portail, elle abrite les quatre gardiens directionnels (Lokapala) aux visages expressifs, et la statue ventrue de Budai, souvent confondue à tort avec Siddhartha Gautama.
    • La Grande Salle du Dharma (Daxiong Baodian) : salle principale de 32 mètres de haut, couverte d'un toit double à double faîtage recouvert de tuiles vernissées dorées. C'est ici que se déroulent les cérémonies liturgiques principales.
    • Le Pavillon Avalokiteshvara : dédié au bodhisattva de la compassion, connu en chinois sous le nom de Guanyin.
    • La Bibliothèque bouddhiste : construite dans le style d'un bâtiment à étages de la Dynastie Song, elle conserve des éditions xylographiées du Canon Bouddhiste chinois (Tripitaka).

    Les toits, caractéristiques du style dougong (système de consoles en bois emboîtées sans clous), sont dorés à la feuille d'or sur les tuiles faîtières. Ce choix, courant dans les temples Chan du Jiangnan, vise à signifier la luminosité du Dharma plutôt qu'une ostentation profane.

    Intérieur de la Grande Salle du Dharma au Temple de Jing'an, colonnes rouges et plafond doré aux dragons
    Les colonnes laquées rouge et les dragons dorés du plafond suivent le code chromatique des monastères Chan depuis la Dynastie Ming.

    Statues et symboles : ce que l'on voit et ce que cela signifie

    La statue la plus impressionnante du complexe est le Bouddha Maitreya en jade birman, installé dans la Grande Salle lors de la restauration de 2010. Haute de 3,8 mètres et pesant environ 11 tonnes, elle représente le Bouddha du Futur selon l'iconographie Mahâyâna : assis en méditation, mains en dhyana mudra (posture de recueillement), expression à la fois sereine et concentrée. Le jade utilisé est de la jadéite, pierre hautement valorisée dans la tradition chinoise pour son association symbolique à la vertu morale et à la longévité ; il s'agit là d'une signification culturelle et iconographique, non d'une propriété physique ou médicale.

    Dans le Pavillon des Quatre Rois Célestes, les Lokapala sont représentés selon leurs attributs traditionnels :

    • Dhritarashtra (Est) : joue d'un instrument à cordes, symbole du contrôle de ses désirs par la musique.
    • Virudhaka (Sud) : tient une épée, gardien de la loi du Dharma.
    • Virupaksha (Ouest) : porte un serpent ou un stupa selon les variantes iconographiques.
    • Vaishravana (Nord) : brandit un parasol ou une bannière, protecteur de la richesse et des trésors spirituels.

    La cloche de bronze fondue en 1183, sous la Dynastie Song, est l'un des rares objets d'origine conservés. Elle pèse 3,5 tonnes et mesure 2 mètres de hauteur. Frappée 108 fois lors des cérémonies du Nouvel An lunaire, elle égrène les 108 afflictions (klesha) que, selon le Dharma bouddhiste, tout être doit progressivement surmonter sur le chemin vers l'éveil.

    Fêtes bouddhistes et meilleurs moments pour visiter Jing'an

    Le rythme du Temple de Jing'an suit le calendrier lunaire bouddhiste chinois. Connaître les dates de fête permet de choisir l'atmosphère que l'on recherche : recueillement paisible ou effervescence dévotionnelle.

    • Nouvel An lunaire (janvier-février) : le moment le plus intense de l'année. Des files se forment dès 4h30 du matin pour planter le premier encens. L'atmosphère est chargée et collective. Prévoir 1h30 de file d'attente à l'entrée les deux premiers jours.
    • Fête de Guanyin (19e jour du 2e mois lunaire, mars-avril) : anniversaire de la naissance du bodhisattva de la compassion selon la tradition Mahâyâna. Affluence très forte en provenance de tout le delta du Yangtsé. Le Pavillon Avalokiteshvara est le point de convergence principal.
    • Jour de la pleine lune et nouvelle lune (1er et 15e de chaque mois lunaire) : jours traditionnellement propices aux offrandes et aux vœux. Fréquentation notablement plus élevée que les autres jours de la semaine, mais sans atteindre les pics des grandes fêtes.
    • Fête de Qingming (début avril) : commémoration des ancêtres ; les fidèles viennent brûler de l'encens en mémoire des défunts. Ambiance plus recueillie que festive.

    Pour une visite orientée vers la découverte architecturale et la pratique Chan, les matinées de semaine ordinaire entre 7h30 et 9h00 restent le créneau le plus serein. La lumière rasante du matin sur les toits dorés offre aussi les meilleures conditions photographiques.

    Importance dans le pèlerinage et la vie religieuse shanghaïenne

    Le Temple de Jing'an n'est pas un lieu patrimonial figé. C'est un temple actif, rattaché à l'Association bouddhiste de Chine, qui accueille chaque année plusieurs centaines de milliers de fidèles et de pèlerins, dont une proportion croissante vient d'autres provinces chinoises, de Taiwan, de Hong Kong, et de la diaspora sino-bouddhiste d'Asie du Sud-Est.

    Trois moments de l'année concentrent une fréquentation particulièrement dense. Le premier et le quinzième jour de chaque mois lunaire correspondent aux jours de pleine et nouvelle lune, traditionnellement propices aux offrandes et aux vœux. La fête de Guanyin (19e jour du 2e mois lunaire, soit mars-avril selon le calendrier grégorien) attire des fidèles depuis tout le delta du Yangtsé. Le Nouvel An lunaire (janvier-février) transforme le temple en un lieu de dévotion intense, avec des queues formées dès 5h du matin pour être les premiers à planter l'encens de la nouvelle année.

    À une échelle plus large, Jing'an fait partie de l'axe des grands temples urbains Chan de la région du Jiangnan, aux côtés du Temple Lingyin à Hangzhou et du Temple Jiming à Nanjing. Pour un pèlerin bouddhiste, visiter ces trois sites constitue un parcours cohérent dans la géographie spirituelle du bouddhisme Chan de Chine orientale.

    Mala Tibétain en bois de santal
    🙏 La reco de Ananda

    Mala Tibétain en bois de santal

    Dans les temples Chan comme Jing'an, les fidèles égrènent un mala pendant la récitation des sutras : ce chapelet en bois de santal, 108 perles, prolonge ce geste de recueillement au quotidien. Le nombre 108 correspond aux 108 klesha (afflictions) frappées sur la cloche Song lors du Nouvel An lunaire.

    19,99 EUR

    Voir le produit →

    Architecture intérieure : matériaux, détails et savoir-faire

    Le bois de camphr (Cinnamomum camphora), essence locale résistante aux insectes et à l'humidité du climat shanghaïen, constitue l'essentiel de la charpente des pavillons. Les poutres maîtresses de la Grande Salle du Dharma reposent sur un système de consoles dougong à sept niveaux d'emboîtement, une technique qui remonte à l'architecture palatiale de la Dynastie Tang.

    Les murs extérieurs sont enduits d'un crépi ocre-rouge, couleur canonique des monastères bouddhistes chinois depuis la Dynastie Ming. À l'intérieur, les colonnes laquées rouge sang contrastent avec les plafonds bleu nuit ornés de dragons dorés en relief. Ce choix chromatique n'est pas décoratif au sens profane du terme : le rouge symbolise la protection et la vitalité vitale (qi), le bleu profond évoque l'espace céleste du Dharmadhatu (l'espace total du Dharma), et l'or signale la nature de Bouddha présente en tout être.

    Le dallage des cours intérieures en granit gris de Suzhou, poli par les décennies de fréquentation, est lui aussi restauré à l'identique. Des jardinières de bonsaïs âgés de plusieurs dizaines d'années bordent les allées, rappel du soin apporté à la contemplation de la nature dans la pratique Chan.

    Statue de Bouddha Maitreya en jade birman de 3,8 mètres dans le Temple de Jing'an, Shanghai
    Le Bouddha Maitreya en jadéite birman, pesant 11 tonnes, domine la Grande Salle du Dharma depuis son installation en 2010.

    Conditions de visite : horaires, accès, code vestimentaire et photographie

    Le temple est ouvert au public tous les jours, y compris les jours fériés civils. Les horaires d'ouverture habituels sont de 7h30 à 17h00, avec une fermeture des caisses à 16h30. Ces horaires peuvent être ajustés lors des fêtes bouddhistes majeures : vérifier les annonces du site officiel ou de l'Office de tourisme de Shanghai avant de planifier une visite lors du Nouvel An lunaire ou de la fête de Guanyin.

    Le droit d'entrée est fixé à 50 CNY par personne (environ 6,50 EUR au taux de 2025). Les enfants de moins de 1,4 mètre et les personnes âgées de plus de 70 ans bénéficient d'une entrée réduite sur présentation d'une pièce d'identité. L'achat de billets en ligne via les plateformes chinoises (WeChat, Alipay) permet souvent d'éviter les files d'attente les jours de forte affluence.

    Tenue vestimentaire

    Aucun dress code strict n'est affiché à l'entrée, mais la politesse élémentaire s'impose : épaules et genoux couverts sont préférables, surtout pour pénétrer dans les salles de culte. Les vendeurs aux abords du temple proposent des sarongs ou écharpes à louer si nécessaire. Les chaussures restent chaussées à l'intérieur des pavillons, contrairement à la pratique thaïlandaise ou japonaise.

    Photographie

    La photographie est autorisée dans les cours extérieures et sur les toits accessibles. À l'intérieur des salles de culte, les photos sont tolérées sans flash, mais il convient de s'abstenir pendant les cérémonies liturgiques ou lorsque des moines ou fidèles prient. Le selfie-stick est déconseillé dans les espaces de culte actifs : la discrétion reste la règle de bon sens.

    Accès et localisation

    Adresse exacte : 1686, route Nanjing Ouest, district de Jing'an, Shanghai 200040, Chine. La station de métro Jing'an Temple (lignes 2 et 7) se trouve à environ 200 mètres de l'entrée principale, côté est. De nombreux bus municipaux desservent également l'arrêt Jing'an Temple sur Nanjing Xi Lu. La proximité avec le quartier commercial de Nanjing Lu permet d'associer la visite à un parcours urbain dans l'un des quartiers les plus denses de Shanghai.

    Informations pratiques Détails
    Adresse 1686, route Nanjing Ouest, district Jing'an, Shanghai
    Horaires 7h30 - 17h00, tous les jours
    Entrée 50 CNY (~6,50 EUR) ; tarif réduit pour -1,4 m et +70 ans
    Métro Station Jing'an Temple, lignes 2 et 7 (200 m)
    Tradition Bouddhisme Chan (Mahâyâna)
    Superficie Environ 23 000 m²
    Photographie Autorisée (sans flash dans les salles) ; interdite pendant les cérémonies
    Tenue Tenue sobre conseillée (épaules et genoux couverts)

    Le temple dans la ville : un sanctuaire entouré de gratte-ciels

    La situation du Temple de Jing'an est, à elle seule, un sujet d'étude sur la place du fait religieux dans la Chine contemporaine. À gauche de la Grande Porte, une tour de bureaux en verre reflète les toits dorés du temple dans ses parois lisses. À droite, une boutique de luxe internationale occupe le rez-de-chaussée d'un immeuble haussmannien reconverti. Devant l'entrée, le flux continu des passants du marché Jing'an et du centre commercial Adjacent City Plaza contraste avec le recueillement que l'on trouve à quelques mètres de là, dès que l'on franchit le porche.

    Cette coexistence n'est pas perçue comme un problème par la communauté bouddhiste shanghaïenne. Dans la philosophie Chan, la frontière entre le quotidien et la pratique spirituelle n'est pas étanche : l'éveil se cultive dans l'action ordinaire autant que dans la méditation formelle. Le temple urbain, traversé par les bruits de la ville, n'est pas moins sacré que le monastère de montagne.

    "Avant l'éveil, couper du bois, porter de l'eau. Après l'éveil, couper du bois, porter de l'eau."

    Proverbe Chan traditionnel, souvent cité dans les monastères du Jiangnan

    Mala Tibétain Traditionnel
    🙏 La reco de Ananda

    Mala Tibétain Traditionnel

    Pour ramener chez soi quelque chose de la pratique observée dans les temples Chan, ce mala traditionnel de 108 perles accompagne la récitation quotidienne des mantras ou sutras. Un objet de pratique sobre, fidèle à l'esthétique des temples Chan du Jiangnan.

    21,90 EUR

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    Comment préparer sa visite : 5 gestes à connaître avant d'entrer

    Visiter un temple bouddhiste actif en Chine demande quelques repères simples, qui relèvent du respect élémentaire plutôt que d'une connaissance ésotérique.

    1. Entrer par le côté, pas par le centre. Le passage central de la Grande Porte est réservé aux moines et aux processions. Les visiteurs entrent et sortent par les portes latérales.
    2. Contourner les brûleurs dans le bon sens. On tourne autour des brûleurs d'encens dans le sens des aiguilles d'une montre (sens de la circumambulation bouddhiste), jamais dans le sens inverse.
    3. Ne pas enjamber le seuil des pavillons. Le seuil en bois surélevé à l'entrée des salles se franchit en passant la jambe par-dessus, jamais en marchant dessus. Cette règle vaut dans presque tous les temples d'Asie orientale.
    4. Garder le silence pendant les récitations. Lorsque des moines récitent des sutras, s'arrêter, écouter, éviter de parler fort ou de filmer. Ce n'est pas un spectacle, c'est une liturgie active.
    5. Faire une offrande si l'on souhaite. Les boîtes à offrandes sont présentes devant chaque autel. Un montant modeste est tout à fait approprié ; aucune pression n'est exercée sur les visiteurs non-pratiquants.

    Pour approfondir la pratique bouddhiste au-delà de la visite, les chapelets bouddhistes et les accessoires de méditation permettent de prolonger chez soi les gestes observés dans les temples. Un bijou bouddhiste portant un mantra ou un symbole significatif peut aussi constituer un rappel quotidien des valeurs du Dharma, au même titre que le mala utilisé par les fidèles dans les cours de Jing'an.

    Questions fréquentes

    Le Temple de Jing'an est-il le plus ancien temple de Shanghai ?+

    Fondé en 247 apr. J.-C., Jing'an est l'un des plus anciens temples bouddhistes de Shanghai et certainement le plus célèbre en zone urbaine centrale. Le Temple Longhua, situé dans le district de Xuhui au sud de la ville, remonte à une fondation légendaire de la même période mais son bâti actuel date principalement des Dynasties Ming et Qing.

    Peut-on assister à une cérémonie bouddhiste en tant que visiteur non pratiquant ?+

    Oui, les cérémonies (récitations matinales de sutras, cérémonies d'offrandes) ne sont pas interdites au public. La règle est la discrétion : rester à l'écart, ne pas filmer, ne pas parler fort. Les cérémonies spéciales (fêtes lunaires, anniversaire de Guanyin) peuvent attirer beaucoup de monde ; arriver tôt améliore l'expérience.

    Quelle est la différence entre le bouddhisme Chan et le bouddhisme Theravâda ?+

    Le Théravâda (école des "Anciens") est présent au Sri Lanka, en Birmanie, en Thaïlande, au Laos et au Cambodge. Il s'appuie sur le Canon pali (Tipitaka) et met l'accent sur la voie monastique et la méditation de type vipassana. Le Chan est une branche du Mahâyâna, courant plus tardif qui intègre l'idéal du bodhisattva (être d'éveil au service de tous) et une approche méditative spécifique visant l'expérience directe de la nature de l'esprit. Les deux traditions partagent les bases du Dharma (Quatre Nobles Vérités, Noble Octuple Sentier) mais diffèrent dans leur canon, leurs pratiques liturgiques et leur vision de l'éveil.

    Combien de temps prévoir pour visiter le temple ?+

    Une visite complète des cours, pavillons et salles demande entre 45 minutes et 1h30 selon votre rythme et votre intérêt pour le détail architectural. Les jours de fête lunaire, prévoyez des files d'attente à l'entrée et dans les salles principales : ajouter 30 à 45 minutes.

    Y a-t-il un restaurant végétarien bouddhiste dans l'enceinte du temple ?+

    Le temple abrite un restaurant de cuisine végétarienne bouddhiste (素斋, sùzhāi) réservé en principe aux moines et aux fidèles en retraite. L'accès pour les visiteurs extérieurs dépend de la disponibilité et n'est pas systématiquement garanti. En revanche, plusieurs restaurants végétariens de style bouddhiste se trouvent dans les rues adjacentes au temple, notamment sur la route Xikang.

    Quelle est la signification des 108 perles d'un mala bouddhiste ?+

    Selon la tradition bouddhiste Mahâyâna et Vajrayâna, le nombre 108 correspond aux 108 klesha (afflictions mentales ou perturbations émotionnelles) que le pratiquant cherche progressivement à surmonter sur le chemin vers l'éveil. Ce chiffre explique aussi pourquoi la cloche de bronze du Temple de Jing'an est frappée 108 fois lors du Nouvel An lunaire. Chaque perle égrainée du chapelet bouddhiste marque une répétition de mantra ou de sutra dans le cadre d'une pratique de récitation.