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    Temple de la Grosse Cloche : histoire, architecture et guide de visite

    Temple de la Grosse Cloche : histoire, architecture et guide de visite Image

    À Pékin, au terme d'une avenue bordée de saules, se dresse un monument qui résonne bien au-delà de sa masse de bronze : le Temple de la Grosse Cloche, ou Dazhong Si (大钟寺) en mandarin. Ce site abrite la Yongle Dazhong, une cloche de 46 tonnes et 6,75 mètres de hauteur, coulée au début du XVe siècle sous l'ère Yongle. Pour les bouddhistes, la cloche n'est pas un simple instrument sonore : son timbre est une offrande au Dharma, une vibration qui rappelle l'impermanence de toutes choses.

    ⭐ À retenir

    • Le Dazhong Si est à la fois un temple bouddhiste actif et un musée dédié aux cloches chinoises, le plus important d'Asie.
    • La grande cloche Yongle pèse 46 tonnes et porte gravés plus de 230 000 caractères de sutras bouddhistes.
    • Le site relève de la tradition du bouddhisme sino-tibétain, avec une forte empreinte de l'école Chan.
    • Visitable toute l'année, le temple impose un code vestimentaire sobre et requiert le respect du silence dans les salles de culte.
    • Des cloches venues de toute l'Asie (Corée, Japon, Myanmar) y sont exposées, faisant du site une référence pour les chercheurs comme pour les pèlerins.

    Localisation et comment s'y rendre

    Le Temple de la Grosse Cloche se situe dans le district de Haidian, au nord-ouest de Pékin, au 31 Beisanhuan Xilu (北三环西路31号). Il longe le troisième périphérique nord de la capitale, à quelques kilomètres des universités de Beida et Tsinghua. L'accès en métro est commode : la station Dazhong Si de la ligne 13 dépose le visiteur à deux minutes à pied de l'entrée principale.

    Les bus 302, 367 et 716 desservent également le site depuis le centre-ville. En taxi ou via des applications de VTC comme Didi, indiquez simplement "大钟寺" au chauffeur : le nom est universellement connu. Le stationnement automobile est possible sur place, bien que les week-ends d'automne, période de forte fréquentation, il soit préférable de privilégier les transports en commun.

    Entrée du Temple de la Grosse Cloche à Pékin, colonnes rouges et tuiles vernissées jaunes
    La porte d'entrée du Dazhong Si, dont l'axe central est typique de l'architecture de temple sous les Qing.

    Histoire : des origines Ming à la collection de cloches

    Le temple est fondé en 1733 sous l'ère Yongzheng (dynasty Qing), avec pour mission première d'abriter la grande cloche impériale Yongle, coulée vers 1420 sous le règne de l'empereur Yongle. Cette cloche avait d'abord été installée au Temple de Wanshou, puis déplacée plusieurs fois avant de trouver sa demeure définitive dans ce sanctuaire spécialement construit à son intention.

    Sous la République populaire, le site est fermé au culte puis réouvert en 1980, dans le cadre de la politique de réhabilitation du patrimoine culturel. En 1985, le gouvernement décide d'en faire le Musée des Cloches anciennes de Chine (Zhongguo Gudai Zhunji Bowuguan), sans pour autant supprimer sa fonction religieuse. Aujourd'hui, le bâtiment principal reste un lieu de culte bouddhiste actif, où moines et fidèles se retrouvent lors des grandes fêtes du calendrier lunaire.

    💡 Le savais-tu ?

    Les 230 000 caractères gravés sur la cloche Yongle constituent l'un des plus grands corpus de sutras bouddhistes jamais inscrits sur un objet en métal. Parmi les textes reproduits figurent des passages du Sutta Pitaka et des dhâranîs (formules rituelles) de la tradition ésotérique. Les moines calligraphes qui ont réalisé ce travail y ont consacré plusieurs années.

    Tradition et école bouddhiste

    Le Dazhong Si s'inscrit dans le bouddhisme chinois classique, nourri par plusieurs courants. L'école Chan (ancêtre du Zen japonais) y est historiquement dominante, avec son accent sur la méditation assise (zuochan) et la transmission directe de l'éveil hors des textes. Mais l'empreinte Terre Pure (Jingtu) est également visible dans certaines chapelles latérales, où des représentations du Bouddha Amitabha côtoient les inscriptions de sutras.

    Lors des dynasties Ming et Qing, des liens forts se sont développés avec le bouddhisme tibétain : l'empereur Qianlong, grand mécène du Vajrayâna, fit enrichir de nombreux temples pékinois d'éléments iconographiques tibétains. On retrouve cette influence au Dazhong Si dans quelques détails architecturaux et dans la présence de certains symboles comme le vajra (foudre rituelle) sur les grilles de bronze.

    Détail des sutras gravés sur la surface en bronze de la cloche Yongle au Dazhong Si
    Plus de 230 000 caractères de sutras couvrent la surface de la cloche Yongle, un travail de calligraphes impériaux du XV<sup>e</sup> siècle.

    Architecture et disposition des bâtiments

    Le complexe suit le plan canonique des temples bouddhistes de la période Qing : un axe central nord-sud traversant successivement la porte d'entrée, la salle des Rois Célestes (Tianwang Dian), la salle principale (Daxiong Baodian), puis la tour de la cloche. Chaque pavillon est construit sur un soubassement de granit gris, avec des toitures à double auvent recouvertes de tuiles vernissées jaune impérial.

    La tour de la Grosse Cloche constitue le point focal du site. Haute de près de vingt mètres, elle est percée d'une ouverture circulaire au sommet pour laisser résonner le son vers le ciel. Un escalier intérieur permet de monter au niveau de la cloche et de regarder à l'intérieur : les visiteurs glissent traditionnellement une pièce de monnaie dans le petit orifice au sommet, geste symbolique de vœu pieux, selon la coutume locale.

    Les bâtiments latéraux, construits en retrait de l'axe principal, abritent aujourd'hui les collections du musée : plus de 700 cloches provenant de toute l'Asie, dont des spécimens coréens de la période Silla, des cloches japonaises en bronze, et des exemplaires birmans finement ciselés.

    Statues, symboles et objets remarquables

    La salle principale abrite une statue de Shakyamuni en position de méditation, assise sur un lotus en bois doré. Les proportions suivent le canon iconographique classique de la Chine des Song et des Ming : visage ovale aux paupières mi-closes, main droite en bhumisparsha mudra (geste touchant la terre, évoquant l'éveil sous l'arbre Bodhi), robe monastique aux plis stylisés. Sur les côtés de la salle, les dix-huit arhats (luohan) en céramique polychrome de la période Qing témoignent du soin apporté à la représentation des premiers disciples du Bouddha historique.

    Les grilles de bronze encadrant la tour de la cloche sont ornées de motifs de lotus et de svastika bouddhiste (symbole d'éternité et de bon augure dans cette tradition, sans lien avec son usage détourné en Occident au XXe siècle). Les encensoirs en fonte disposés dans la cour centrale sont des copies de pièces impériales Ming, reconnaissables à leurs pieds tripodes et à leurs anses en forme de têtes de dragon.

    Élément Description Symbolique
    Cloche Yongle Bronze, 46 t, 6,75 m de haut, ~1420 Éveil, impermanence, offrande sonore au Dharma
    Statue de Shakyamuni Bois doré, salle principale Bhumisparsha mudra : moment de l'éveil sous le Bodhi
    18 Arhats (Luohan) Céramique polychrome Qing Premiers disciples, gardiens du Dharma
    Svastika sur les grilles Bronze incrusté Symbole d'éternité et de félicité dans le bouddhisme
    Encensoirs tripodes Fonte, style impérial Ming Offrandes olfactives, purification de l'espace

    Importance dans le pèlerinage et le calendrier bouddhiste

    Le Temple de la Grosse Cloche n'est pas un haut lieu de pèlerinage au sens du mont Wutai ou du mont Emei, ces grandes montagnes sacrées du bouddhisme chinois. Il occupe cependant une place particulière dans la dévotion pékinoise : pendant la fête de Qingming (avril) et lors des grandes échéances du calendrier lunaire, des fidèles viennent brûler l'encens et faire des prosternations devant la statue principale.

    La dimension internationale du musée attire aussi des délégations de moines coréens, japonais et bouddhistes d'Asie du Sud-Est, venus étudier ou comparer les cloches de leurs propres traditions. Des échanges académiques réguliers sont organisés avec des instituts de recherche en musicologie et en archéologie religieuse. Pour un visiteur occidental intéressé par le bouddhisme, le site offre une entrée rare dans la diversité des traditions de cloches sacrées à travers toute l'Asie.

    Cour intérieure du Dazhong Si avec encensoir en pierre, feuillage doré des ginkgos en automne
    La cour centrale, lieu de recueillement où les fidèles brûlent l'encens lors des grandes fêtes du calendrier lunaire.

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    Préparer sa visite : horaires, code vestimentaire et photographies

    Le temple-musée est ouvert du mardi au dimanche, de 8h30 à 16h30 (fermeture des caisses à 16h). Il est fermé le lundi, sauf jours fériés nationaux. Le droit d'entrée est modique et inclut l'accès à toutes les salles d'exposition. Des tarifs réduits sont proposés aux étudiants munis d'une carte valide et aux personnes âgées.

    Concernant le code vestimentaire, aucune obligation légale n'est imposée, mais le respect des lieux veut que les épaules et les genoux soient couverts dans les salles de culte actives. Évitez les vêtements trop colorés ou imprimés de logos lors des jours de fête, où la dévotion des fidèles prime sur le tourisme.

    La photographie est généralement autorisée dans les espaces extérieurs et dans la grande salle des cloches. En revanche, l'usage du flash et les trépieds sont interdits dans la salle de culte principale. Certains objets rituels exposés dans des vitrines portent la mention "pas de photo" : respectez ces indications. Un guide en anglais est disponible à l'accueil sur demande ; en mandarin, des panneaux explicatifs très complets jalonnent chaque salle.

    "Le son de la cloche pénètre au-delà des cent mille existences et réveille l'esprit de l'éveil."

    Inscription gravée sur une cloche de temple, tradition bouddhiste chinoise

    Questions fréquentes

    Quel est le nom chinois du Temple de la Grosse Cloche ?+

    Le temple est connu en mandarin sous le nom de Dazhong Si (大钟寺), littéralement "temple de la grande cloche". Son nom officiel en tant que musée est Zhongguo Gudai Zhunji Bowuguan, soit "Musée des cloches de la Chine ancienne".

    Pourquoi la cloche est-elle frappée 108 fois ?+

    Dans la tradition bouddhiste, le chiffre 108 correspond aux 108 afflictions mentales (klesha) qui enchaînent l'être dans le cycle des renaissances (samsara). Frapper la cloche 108 fois symbolise la possibilité de se libérer progressivement de ces entraves. On retrouve ce même chiffre dans le mala traditionnel, composé de 108 perles.

    Le temple est-il encore un lieu de culte actif ?+

    Oui. Malgré sa double vocation de musée et de site touristique, le Dazhong Si reste un lieu de pratique bouddhiste actif. Des cérémonies sont célébrées lors des principales fêtes du calendrier lunaire, et des fidèles viennent régulièrement brûler l'encens et faire des offrandes devant la statue de Shakyamuni.

    Combien de cloches le musée expose-t-il ?+

    Le musée conserve plus de 700 cloches, allant de petits spécimens rituels de quelques centimètres à des pièces monumentales. La collection couvre plusieurs millénaires et de nombreuses traditions asiatiques : bouddhisme chinois, coréen, japonais, bouddhisme theravâda d'Asie du Sud-Est, ainsi que des cloches taoïstes et confucéennes.

    Quelle est la meilleure période pour visiter le Temple de la Grosse Cloche ?+

    Le printemps (mars-mai) et l'automne (septembre-octobre) offrent les meilleures conditions climatiques à Pékin. La période du Nouvel An lunaire (janvier-février) est particulièrement animée, avec des cérémonies et la frappe rituelle de la cloche, mais aussi plus fréquentée. Évitez les premiers jours fériés des grandes fêtes nationales pour les visites contemplatives.

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