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    Temples de Maitreya en Chine : les sites bouddhistes les plus emblématiques

    Temples de Maitreya en Chine : les sites bouddhistes les plus emblématiques Image

    La silhouette souriante et bien en chair qui accueille les visiteurs à l'entrée de nombreux temples chinois n'est pas le Bouddha historique. C'est Maitreya, le Bouddha du futur, celui qui doit venir enseigner le Dharma lorsque les êtres humains l'auront oublié. En Chine, ce personnage central du bouddhisme Mahâyâna a inspiré certains des monuments religieux les plus spectaculaires d'Asie : statues colossales taillées dans la roche, grottes millénaires, complexes monastiques perchés sur des sommets. Ce guide présente les dix sites les plus significatifs du réseau des temples de Maitreya en Chine, leur tradition, et ce qu'il faut savoir avant de les visiter.

    ⭐ À retenir

    • Maitreya est le Bouddha à venir, central dans la tradition Mahâyâna et Vajrayâna pratiquée en Chine.
    • Les temples bouddhistes chinois couvrent trois grandes traditions : Mahâyâna (Chan, Terre Pure), Vajrayâna tibétain et bouddhisme Theravâda des minorités du Yunnan.
    • La plupart des sites emblématiques sont classés au patrimoine mondial de l'UNESCO ou en cours de classement.
    • L'étiquette de visite repose sur quelques règles simples : tenue correcte, silence dans les salles de prière, interdiction de photographier certains autels.
    • Le Grand Bouddha de Leshan, taillé au VIIIe siècle, reste la plus grande statue de Maitreya assis au monde, avec 71 mètres de hauteur.

    Maitreya dans la tradition bouddhiste chinoise

    Dans les textes du canon Pali comme dans les sûtras Mahâyâna, Maitreya (sanskrit : Maitreya ; chinois : 弥勒, Mílè) est décrit comme un bodhisattva qui réside actuellement dans le ciel Tushita, en attente de sa naissance terrestre. Son nom dérive de la racine sanskrit maitrî, l'amour bienveillant. Selon la tradition, il descendra sur Terre dans plusieurs millions d'années, lorsque les enseignements du Bouddha Shakyamuni seront tombés dans l'oubli.

    En Chine, Maitreya a fusionné à partir du Xe siècle avec la figure du moine Budai (布袋), personnage historique du Zhejiang réputé pour sa générosité et son ventre opulent. C'est cette iconographie rieuse et corpulente qui s'est imposée dans la quasi-totalité des temples Mahâyâna chinois, à l'entrée des halls principaux. Les représentations plus anciennes, héritées de l'art gréco-bouddhique du Gandhara, montrent en revanche un Maitreya mince et majestueux, assis sur un trône, une jambe pendante.

    💡 Le savais-tu ?

    Le moine Budai, dont la silhouette joviale est souvent confondue avec le Bouddha historique, aurait vécu dans la province du Zhejiang au Xe siècle. Avant sa mort, il aurait déclaré être une incarnation de Maitreya. Cette affirmation, reprise par ses disciples, a suffi à ancrer définitivement son image dans l'iconographie des temples Chan. Budai et Maitreya sont ainsi devenus indissociables dans la culture religieuse populaire chinoise.

    Les trois traditions bouddhistes présentes en Chine

    Comprendre les traditions représentées aide à lire les temples autrement. La majorité des monastères chinois relèvent du bouddhisme Mahâyâna, lui-même divisé en plusieurs écoles : l'école Chan (méditation, ancêtre du Zen japonais), l'école de la Terre Pure (récitation du nom d'Amitabha) et quelques courants mêlant les deux. Ces monastères sont reconnaissables à leur plan axial strict, leurs trois ou quatre halls successifs et leur cour intérieure.

    Dans les régions autonomes du Tibet, du Qinghai et de la Mongolie-Intérieure, c'est le bouddhisme Vajrayâna (tibétain) qui domine. Les temples Vajrayâna se distinguent par une iconographie plus chargée, des thangkas accrochés aux murs, des moulins à prières et la présence fréquente de moines en robe bordeaux et jaune safran. Enfin, dans le Yunnan, aux frontières avec la Birmanie et le Laos, plusieurs groupes ethniques pratiquent un bouddhisme Theravâda aux pagodes blanches à toits étagés, voisin des traditions du Sud-Est asiatique.

    Reliefs bouddhistes sculptés dans la pierre dans les grottes de Yungang, Chine
    Les grottes de Yungang abritent plus de 51 000 sculptures bouddhistes taillées entre le Ve et le VIe siècle.

    Temples de Maitreya en Chine : les 10 sites essentiels

    Le réseau des temples de Maitreya en Chine s'étend des falaises du Sichuan aux monastères himalayens du Tibet, en passant par les grottes rupestres du Gansu et les collines boisées du Zhejiang. Voici les dix sites incontournables, classés par tradition et par accessibilité, avec leurs points forts respectifs.

    Grand Bouddha de Leshan : la statue de Maitreya la plus grande du monde

    Taillé directement dans la falaise de grès rouge à la confluence des rivières Min, Qingyi et Dadu, dans la province du Sichuan, le Grand Bouddha de Leshan représente Maitreya assis dans la posture du dévoilement (pied droit en avant, mains sur les genoux). Sa hauteur de 71 mètres en fait la plus grande statue de pierre bouddhiste au monde. La construction débute en 713 sous la direction du moine Haitong et s'achève en 803, sous la dynastie Tang.

    L'ambition initiale était pragmatique autant que spirituelle : les moines espéraient que la présence sacrée du Bouddha apaiserait les courants dangereux à la jonction des trois rivières. Pour financer le chantier, Haitong aurait arraché ses propres yeux pour convaincre un fonctionnaire corrompu de sa détermination. Le site est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1996, conjointement avec le mont Emei voisin.

    La visite se fait à pied par un escalier taillé dans la roche, descendant le long du flanc gauche de la statue jusqu'au niveau des pieds, puis remontant par le flanc droit. Les orteils de la statue mesurent à eux seuls 8,5 mètres, soit la hauteur d'un immeuble de trois étages. Une grille de drainage invisible dans les vêtements sculptés protège la roche depuis des siècles.

    Statue Bouddha de Thaïlande

    🙏 La reco de Ananda

    Statue Bouddha de Thaïlande

    Pour les amateurs des grandes statues bouddhistes asiatiques, cette statuette artisanale reprend les codes iconographiques du Bouddha assis en posture de méditation, dans une tradition visuelle partagée par les temples d'Asie du Sud-Est et de Chine du Sud. Fabriquée selon des techniques de moulage traditionnelles, elle constitue un rappel concret de l'esthétique rencontrée à Leshan et à Lingyin.

    À partir de 24.90 EUR

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    Grottes de Yungang : Maitreya sculpté sous la dynastie Wei du Nord

    À Datong, dans la province du Shanxi, les grottes de Yungang constituent l'un des trois grands ensembles rupestres bouddhistes de Chine avec Dunhuang et Longmen. Le chantier s'ouvre vers 460 sous les empereurs de la dynastie Wei du Nord, qui venaient de faire du bouddhisme religion d'État. On y recense 53 grottes principales et plus de 51 000 sculptures, classées UNESCO en 2001.

    Plusieurs grottes contiennent des représentations de Maitreya dans son iconographie ancienne : assis sur un trône, jambe croisée ou pendante, dans la posture dite "du roi pensif" (penser à la souffrance des êtres avant de descendre enseigner). La grotte n°20, dont la façade s'est effondrée, expose directement à l'air libre un Bouddha colossal de 13,7 mètres dont les proportions massives sont caractéristiques du style Wei du Nord.

    Temple de Puning, Chengde : le Guanyin aux 42 bras et ses voisins tibétains

    La ville de Chengde (ancienne résidence d'été impériale des Qing, province du Hebei) abrite un ensemble de huit temples construits entre 1713 et 1780 pour accueillir les délégations tibétaines et mongoles. Le plus célèbre, le temple de Puning (普宁寺, Pǔníngsì), construit en 1755 sur le modèle du Samye au Tibet, abrite dans sa tour centrale une statue de Guanyin (Avalokiteshvara) aux 42 bras en bois de genévrier de 22,28 mètres de hauteur, la plus grande sculpture de bois doré au monde selon les sources chinoises.

    Le complexe de Chengde reflète la politique religieuse des empereurs Qing, qui cultivaient le bouddhisme Vajrayâna comme outil diplomatique avec les élites tibétaines et mongoles. Ces "Temples extérieurs" (外八庙, Wài Bā Miào) mélangent plans architecturaux Han et tibétains dans une synthèse délibérément politique autant que spirituelle. Ils sont inscrits au patrimoine mondial depuis 1994.

    Objets rituels bouddhistes devant un autel dans un temple chinois : encens, bol d'offrande et mala
    Brûler de l'encens et déposer des offrandes restent des gestes courants dans les temples Mahâyâna chinois.

    Grottes de Dunhuang et les Milles Bouddhas du Gansu

    Aux confins du désert de Gobi, les grottes de Mogao (莫高窟) constituent l'un des sites bouddhistes les mieux documentés d'Asie centrale. On y dénombre 492 grottes ornées de fresques et de sculptures couvrant une période allant du IVe au XIVe siècle, à la croisée des routes commerciales de la Route de la Soie. Le site, classé UNESCO en 1987, est géré par l'Académie de recherche de Dunhuang.

    La grotte n°275 renferme l'une des plus anciennes représentations de Maitreya en Chine : une statue assise en "posture du roi pensif", datée du Ve siècle, aux traits encore proches du style gandharien. La grotte n°96 abrite une statue de Maitreya de 34 mètres, la troisième plus haute de Chine. L'accès aux grottes est strictement réglementé depuis les années 2000 pour limiter les dégradations liées à l'humidité respiratoire des visiteurs : réservation obligatoire, groupes de 25 personnes maximum, durée de visite limitée.

    ℹ️ Note sur les objets de pratique

    Les malas, encens et thangkas mentionnés dans cet article sont des objets rituels et culturels ancrés dans des traditions bouddhistes précises. Leur description ici est strictement historique et symbolique. Aucun effet thérapeutique, médicinal ou ésotérique ne leur est attribué. Si vous vous intéressez à leur usage dans le cadre d'une pratique religieuse, nous vous recommandons de vous référer aux enseignants qualifiés des traditions concernées.

    Mont Wutai : la montagne sacrée du Bodhisattva Mañjushri

    Le mont Wutai (五台山, Wǔtái Shān) dans le Shanxi est l'une des quatre montagnes sacrées du bouddhisme chinois, chacune associée à un bodhisattva. Wutai est consacré à Mañjushri (Wenshu en chinois), bodhisattva de la sagesse, mais le site accueille également des temples Vajrayâna tibétains aux côtés des monastères Mahâyâna Han. C'est l'un des rares endroits en Chine où les deux traditions cohabitent de façon visible.

    On recense plus de 50 monastères actifs sur le site, dont le temple Foguang (佛光寺), fondé au VIe siècle, qui abrite la plus ancienne charpente en bois datée de Chine (857, Tang). Le mont Wutai est inscrit au patrimoine mondial depuis 2009. L'altitude moyenne dépasse 1 700 mètres : prévoir des vêtements chauds même en été. Les pèlerins qui accomplissent le circuit complet des monastères du site égrènent traditionnellement un chapelet bouddhiste à chaque étape.

    Site Province Tradition UNESCO
    Grand Bouddha de Leshan Sichuan Mahâyâna 1996
    Grottes de Yungang Shanxi Mahâyâna 2001
    Grottes de Longmen Henan Mahâyâna 2000
    Grottes de Dunhuang (Mogao) Gansu Mahâyâna 1987
    Temple de Puning, Chengde Hebei Vajrayâna / Mahâyâna 1994
    Mont Wutai Shanxi Mahâyâna / Vajrayâna 2009
    Monastère de Tashilhunpo, Shigatse Tibet Vajrayâna (Gelugpa) Non classé
    Temple Lingyin, Hangzhou Zhejiang Chan (Mahâyâna) Non classé
    Mont Emei Sichuan Mahâyâna 1996
    Grottes de Longmen Henan Mahâyâna 2000

    Monastère de Tashilhunpo et la statue de Maitreya au Tibet

    Le monastère de Tashilhunpo (བཀྲ་ཤིས་ལྷུན་པོ་), à Shigatse, est le siège traditionnel des Panchen-Lamas dans la tradition Gelugpa du bouddhisme tibétain. Fondé en 1447 par Gendun Drup, premier Dalaï-Lama reconnu rétrospectivement, il abrite dans son enceinte l'une des plus grandes statues de Maitreya au Tibet : une figure dorée de 26,2 mètres construite en 1914 sous la direction du IXe Panchen-Lama. La statue pèse environ 300 kilos d'or et 115 tonnes de cuivre.

    Dans la tradition Vajrayâna tibétaine, Maitreya (*Jampa* en tibétain) occupe une place centrale dans les cycles de prières et de méditation. Le texte Maitreya-vyâkarana, mentionné dans diverses collections du Kangyur tibétain, décrit sa venue future et les caractéristiques de l'époque où il enseignera. Selon la croyance bouddhiste tibétaine, les pèlerins qui circumambulent le temple dans le sens des aiguilles d'une montre, en égrenant un mala, accumulent un mérite favorable à une renaissance favorable. Ce protocole rituel est demeuré inchangé depuis des siècles.

    Statue dorée de Maitreya vue du bas dans la grande salle d'un temple bouddhiste chinois
    Dans le bouddhisme Mahâyâna, Maitreya est souvent représenté assis en posture de dévoilement, prêt à descendre enseigner.

    Grottes de Longmen : les Tang et la célébration de Vairocana

    À Luoyang, dans le Henan, les grottes de Longmen (龙门石窟) s'étendent sur environ 1 kilomètre le long de la rivière Yi. On y dénombre 2 300 niches, 110 000 sculptures et 60 stûpas, taillés principalement sous les dynasties Wei du Nord et Tang (Ve-VIIIe siècles). La grotte Fengxian, creusée sur ordre de l'impératrice Wu Zetian vers 675, abrite le célèbre Vairocana de 17,14 mètres dont le visage, selon une tradition populaire, aurait été modelé sur celui de l'impératrice elle-même.

    Si Longmen est principalement associé à Vairocana (le Bouddha Céleste de la tradition Huayan), plusieurs niches secondaires représentent Maitreya dans sa posture Tang caractéristique, les deux jambes pendant, dans ce que les spécialistes appellent la "posture européenne" (*bhadrasana*). Cette posture signifie qu'il est prêt à se lever pour descendre enseigner.

    Temple Lingyin, Hangzhou : les falaises sculptées et la figure de Budai

    Le temple Lingyin (灵隐寺, "Temple de l'Âme Retirée"), fondé en 328 selon la tradition par le moine indien Huili, est l'un des plus anciens monastères Chan de Chine encore en activité. Il se trouve dans les collines boisées à l'ouest du lac de l'Ouest, à Hangzhou (Zhejiang). Les falaises de Feilai Feng, qui bordent l'accès au temple, portent 345 sculptures rupestres taillées entre le Xe et le XIVe siècle sous les dynasties des Cinq Dynasties, Song et Yuan.

    Parmi ces sculptures, la représentation de Budai-Maitreya la plus célèbre de Chine : une figure de 1,71 mètre au ventre rond, le sourire aux lèvres, entourée de dix-huit arhats. C'est ici, précisément dans cette falaise du Zhejiang, que le culte populaire de Budai comme incarnation de Maitreya s'est le plus solidement ancré. Le temple lui-même abrite une statue de Maitreya en bois de camphre de 20 mètres de hauteur, dorée à la feuille, érigée en 1953.

    Mala Tibétain en bois de santal

    🙏 La reco de Ananda

    Mala Tibétain en bois de santal

    Lors des circumambulations dans les monastères tibétains comme Tashilhunpo ou lors du circuit des temples du mont Wutai, les pèlerins égrènent un mala de 108 perles. Celui-ci, en bois de santal, reprend les caractéristiques matérielles des malas utilisés dans la tradition Gelugpa : perles de 8 mm, cordon en coton tressé, goutte de comptage. Il s'agit d'un objet de pratique à la fabrication soignée, non d'un article de décoration.

    19.99 EUR

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    Mont Emei et le Grand Temple d'Or au sommet

    Le mont Emei (峨眉山), consacré au bodhisattva Samantabhadra (Puxian en chinois), culmine à 3 099 mètres dans le Sichuan. Sa proximité avec Leshan en fait souvent une étape combinée lors d'un circuit bouddhiste dans la province. On y recense plus de 30 monastères actifs répartis sur les flancs de la montagne, accessibles à pied ou par câble pour le tronçon final.

    Le sommet abrite le temple Jinding (Temple du Sommet d'Or), dont la grande salle dorée, reconstruite en 2006, frappe par son contraste avec la mer de nuages et les glaciers environnants en hiver. Les singes rhésus peuplant les chemins de montagne sont protégés mais volontiers chapardeurs : mieux vaut ranger nourriture et lunettes de soleil avant d'entrer dans leurs zones de passage.

    Visiter un temple bouddhiste en Chine : étiquette et gestes à connaître

    L'accès à la plupart des temples actifs est libre sous réserve d'un droit d'entrée (entre 10 et 150 CNY selon le site). Quelques règles s'appliquent partout, qu'il s'agisse d'un grand site touristique ou d'un petit monastère de campagne.

    Tenue vestimentaire. Épaules et genoux couverts sont la norme. De nombreux temples fournissent des sarongs à l'entrée pour les visiteurs insuffisamment couverts. Les chapeaux se retirent dans les salles de prière.

    Circulation dans les salles. On entre dans une salle par la porte latérale, jamais par la porte centrale (réservée aux officiants). On ne marche pas sur le seuil de la porte, considéré comme une frontière sacrée dans de nombreuses traditions chinoises. On circule dans le sens des aiguilles d'une montre à l'intérieur des cours et des stûpas.

    Photographie. Les autels avec statues à l'intérieur des halls sont souvent interdits à la photographie. Un panneau ou un panneau iconographique le signale généralement. En l'absence d'indication, mieux vaut demander à un moine ou à un gardien. Les cours extérieures sont en général librement photographiables.

    Offrandes et bâtons d'encens. L'achat de bâtons d'encens est proposé à l'entrée de nombreux temples. Si vous souhaitez en brûler, suivez les gestes des pratiquants locaux : tenir les bâtons à deux mains, s'incliner brièvement en direction de l'autel, planter les bâtons dans l'urne commune. Évitez de souffler sur la flamme pour l'éteindre (geste mal perçu dans plusieurs traditions) : agitez légèrement le bâton.

    Silence et téléphones. Les cloches et gongs rituels sonnent à heures fixes. Pendant ces moments, le silence s'impose naturellement. La mise en mode silencieux du téléphone avant d'entrer est un geste de courtoisie basique, rarement rappelé mais toujours apprécié.

    "Là où réside Maitreya, les êtres ne connaissent ni la haine ni la tromperie."

    Maitreya-vyâkarana, texte du canon bouddhiste tibétain

    Préparer son circuit : conseils pratiques pour visiter plusieurs sites

    Combiner Leshan, le mont Emei et Chengdu en Sichuan demande au minimum quatre jours. Ajouter Dunhuang et Yungang suppose un circuit de deux semaines avec des vols intérieurs. Chengde se visite aisément depuis Pékin en train de nuit ou en journée (environ 4 heures). Longmen est à une heure de Luoyang, elle-même reliée à Pékin et Xi'an par TGV.

    La saison la plus favorable pour les sites en altitude (Emei, Wutai, Tibet) court de mai à octobre. Dunhuang est praticable toute l'année mais l'été (juillet-août) atteint 40°C. Les temples de plaine comme Lingyin à Hangzhou sont accessibles en toute saison, mais les week-ends de fêtes nationales (1er mai, 1er octobre) voient les fréquentations doubler voire tripler.

    Pour le Tibet, un permis spécifique (Tibet Travel Permit) est obligatoire pour les ressortissants étrangers, en plus du visa chinois classique. Ce permis s'obtient uniquement par l'intermédiaire d'une agence de voyage agréée en Chine et plusieurs semaines à l'avance. Les conditions d'accès sont susceptibles d'évoluer : vérifier auprès de l'ambassade ou du consulat chinois compétent avant tout projet de voyage.

    🗂️ Voir la collection

    Bijoux Tibétain

    Pour garder un lien tangible avec la tradition Vajrayâna après votre visite des temples tibétains, cette collection regroupe bracelets, malas et pendentifs aux symboles enracinés dans la culture himalayenne. Chaque pièce est accompagnée d'une description de son origine et de sa signification symbolique dans la tradition concernée.

    112 références

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    Ce que ces lieux disent encore du bouddhisme vivant

    Aucun de ces sites n'est un musée figé. À Tashilhunpo, des moines en robe bordeaux récitent le Maitreya-vyâkarana chaque matin dans la salle principale. À Lingyin, des centaines de fidèles viennent brûler de l'encens et prier chaque jour de la semaine, pas uniquement les dimanches de calendrier touristique. À Dunhuang, des équipes de restauration travaillent encore dans les grottes pour prévenir la désagrégation des pigments minéraux.

    Le réseau des temples de Maitreya en Chine n'est donc pas un concept géographique unique : c'est un ensemble de lieux vivants où la tradition bouddhiste se transmet, s'adapte et persiste. Qu'il s'agisse du sourire colossal de Leshan reflété dans les eaux du Min, des reliefs ciselés de Yungang que la lumière d'hiver révèle différemment chaque jour, ou des prières matinales de Tashilhunpo portées par les clochettes métalliques, ces sites témoignent d'une même continuité : la présence patiente d'un Dharma qui attend son heure.

    Pour approfondir la symbolique des bijoux bouddhistes et leur lien aux pratiques des temples, ou explorer les chapelets bouddhistes utilisés lors des circumambulations, notre boutique propose des pièces sélectionnées pour leur fidélité aux traditions décrites ici.

    Questions fréquentes sur les temples de Maitreya en Chine

    Quelle est la différence entre Maitreya et le "Bouddha rieur" que l'on voit à l'entrée des restaurants chinois ?+

    La figure joviale et corpulente visible à l'entrée des restaurants et commerces est Budai (布袋), un moine historique du Xe siècle. À partir du XIe siècle environ, la tradition populaire chinoise l'a associé à Maitreya, considérant Budai comme une incarnation de ce bodhisattva. Les temples bouddhistes exposent en général Budai-Maitreya dans le premier hall d'accueil. Les représentations plus anciennes ou tibétaines de Maitreya sont au contraire élancées et majestueuses.

    Le Grand Bouddha de Leshan représente-t-il bien Maitreya ou un autre Bouddha ?+

    Oui, la statue de Leshan représente bien Maitreya. Le moine Haitong, initiateur du projet en 713, avait explicitement dédié l'oeuvre à ce bodhisattva. La posture assise, les pieds au sol (*bhadrasana*, "posture prête à se lever"), est caractéristique de Maitreya dans l'iconographie Tang, signifiant qu'il est sur le point de descendre dans le monde pour enseigner.

    Peut-on visiter les temples bouddhistes chinois sans appartenir à une religion ?+

    Oui, la quasi-totalité des temples classés sont ouverts aux visiteurs non pratiquants. L'entrée est payante sur la plupart des grands sites. Le respect des règles d'étiquette (tenue couverte, silence dans les halls de prière, ne pas marcher sur les seuils) suffit pour visiter sans heurter les pratiquants ou les moines présents.

    Faut-il un permis spécial pour visiter les temples tibétains en Chine ?+

    Pour la Région Autonome du Tibet (Lhasa, Shigatse, Tashilhunpo), oui : un Tibet Travel Permit est obligatoire pour les étrangers, en plus du visa chinois standard. Ce permis s'obtient via une agence de voyage agréée et ne peut pas être demandé directement. Les temples tibétains situés hors de la Région Autonome stricto sensu (Kumbum en Qinghai, Labrang dans le Gansu) sont en revanche accessibles avec un visa chinois classique.

    À quel moment de l'année les grottes de Dunhuang accueillent-elles le moins de visiteurs ?+

    Les mois de novembre à mars sont les plus calmes à Dunhuang. Les températures nocturnes descendent sous zéro dans le désert de Gobi, mais les journées restent généralement sèches et ensoleillées. La réservation en ligne des créneaux de visite est obligatoire quelle que soit la saison ; le quota journalier est fixé à environ 6 000 visiteurs pour les grottes ouvertes au public.

    Comment distinguer un temple Mahâyâna d'un temple Vajrayâna en Chine ?+

    Les temples Mahâyâna Han se reconnaissent à leur plan axial rigoureux (halls en enfilade sur un axe nord-sud), leurs toits à double courbe aux tuiles vernissées vertes ou jaunes, et la présence de Budai-Maitreya dans le premier hall d'accueil. Les temples Vajrayâna tibétains présentent des murs en pente légère, des frises de moulins à prières, des thangkas accrochés aux piliers et une iconographie plus dense (divinités courroucées, mandalas). Les toits plats et les bannières de prières colorées (lungta) complètent le tableau dans les régions d'altitude.