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    Temple de la Montagne Parfumée et grottes de Longmen : guide de visite complet

    Temple de la Montagne Parfumée et grottes de Longmen : guide de visite complet Image

    Au sud de Luoyang, dans la province du Henan, la falaise de grès rouge se découpe sur la rivière Yi. De chaque côté, des centaines de niches creusées dans la roche abritent des figures de pierre : Bouddha Shakyamuni, Amitabha, Vairocana, bodhisattvas aux mains levées, gardiens aux visages sévères. Les grottes de Longmen comptent parmi les trois grands ensembles de sculpture rupestre bouddhiste de Chine, avec Mogao (Dunhuang) et Yungang (Datong). À leur flanc nord, le temple de la Montagne Parfumée, ou Xiangshan Si, ancre cette géographie sacrée dans une continuité de plus de quinze siècles.

    Comprendre les deux sites ensemble, c'est comprendre comment le bouddhisme s'est enraciné dans la Chine impériale : par la roche taillée, par la cloche des moines, et par le patronage des souverains. Le temple Montagne Parfumée grottes Longmen forme ainsi un binôme indissociable : l'un sculpté dans la falaise, l'autre érigé sur la rive d'en face, les deux parlant la même langue dévotionnelle depuis quinze siècles.

    ⭐ À retenir

    • Les grottes de Longmen s'étendent sur 1 km le long de la rivière Yi, à 13 km au sud de Luoyang (Henan, Chine).
    • Le site recense environ 2 345 niches, 100 000 figures sculptées et 2 800 inscriptions calligraphiques datant principalement des dynasties Wei du Nord et Tang (IVe-IXe siècles).
    • Le temple de Xiangshan Si, fondé sous la dynastie Sui (fin VIe siècle), se trouve sur la rive est, directement accolé au complexe rupestre.
    • Le site est inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis novembre 2000.
    • Le dress code est décontracté mais la tenue correcte reste de rigueur à l'intérieur des salles de culte actives.

    Localisation et accès : Luoyang, porte du Henan

    Vue panoramique des falaises de calcaire des grottes de Longmen se reflétant dans la rivière Yi au lever du soleil
    La rivière Yi sépare les deux rives du site : à l'ouest les niches sculptées, à l'est le temple de Xiangshan Si.

    Les grottes de Longmen se situent à 13 km au sud du centre de Luoyang, dans la province du Henan. L'adresse administrative est : District de Longmen, ville de Luoyang, Henan, République populaire de Chine (洛阳市龙门石窟景区). La rivière Yi sépare les deux rives : la rive ouest concentre la majorité des niches sculptées, la rive est accueille le temple de la Montagne Parfumée (Xiangshan Si) et le mausolée du poète Bai Juyi.

    Depuis Luoyang, plusieurs options pratiques s'offrent au visiteur. Le bus numéro 71 (départ depuis la gare routière de Luoyang) relie le site en 40 minutes environ. Les taxis et services de VTC (DiDi) couvrent le trajet en 20 à 25 minutes selon la circulation. Depuis la gare à grande vitesse de Luoyang Longmen, un taxi ou un VTC met environ 15 minutes. Il n'existe pas de liaison directe en métro en 2026, mais la ligne 4 du métro de Luoyang dessert un terminus proche, avec correspondance en navette.

    Histoire des grottes de Longmen et du temple Montagne Parfumée : des Wei du Nord aux Tang, quinze siècles de taille dans la roche

    La création du complexe rupestre remonte à la fin du Ve siècle. La cour de l'Empire Wei du Nord (386-534) décide, vers 493-494, de transférer sa capitale de Datong à Luoyang. Ce déplacement politique s'accompagne d'un transfert des ateliers de sculpteurs bouddhistes. Les premières niches de Longmen naissent dans ce contexte : la grotte Guyang et la grotte Binyang central sont parmi les plus anciennes, datant respectivement du règne de l'Empereur Xuanwu (500-515 apr. J.-C.) et du règne de l'Impératrice douairière Wenzhao.

    La dynamique créatrice connaît un second souffle sous la dynastie Tang (618-907). L'impératrice Wu Zetian, seule femme à avoir régné en son propre nom sur la Chine impériale, supervise la réalisation du groupe sculpté le plus impressionnant du site : le Grand Vairocana de la grotte de Fengxian, achevé en 675. La statue principale mesure 17,14 mètres de hauteur. Son visage, au modelé particulièrement fin pour une sculpture rupestre de cette échelle, a parfois été comparé aux traits de Wu Zetian elle-même, hypothèse que les historiens débattent encore.

    💡 Le savais-tu ?

    Le terme "Longmen" (龍門) signifie littéralement "Porte du Dragon" en mandarin. Cette appellation désigne le passage naturel formé par les deux falaises encadrant la rivière Yi, que les textes anciens comparaient à une porte franchie par les dragons célestes. Le site est aussi connu sous le nom d'Yi Que (伊闕), soit "Gorges de la rivière Yi", dans les sources historiques antérieures à la période Tang.

    Entre le Ve et le Xe siècle, des dizaines d'empereurs, d'impératrices et de hauts dignitaires financent la taille de nouvelles niches. Les moines, les marchands et de simples fidèles contribuent également, à plus petite échelle, laissant des inscriptions votives sur les parois. Ces dédicaces forment un corpus épigraphique de premier ordre pour l'histoire sociale du bouddhisme chinois.

    Xiangshan Si : le temple de la Montagne Parfumée

    Cour intérieure du temple de Xiangshan Si avec brûleur d'encens en bronze et toitures à double courbe des pavillons Tang
    Xiangshan Si reste un lieu de culte actif : les cérémonies matinales se tiennent dans la grande salle principale.

    Le temple de Xiangshan Si (香山寺, "temple de la montagne aux parfums") occupe la rive est du site, sur un éperon boisé dominant la rivière. Selon les chroniques bouddhistes chinoises, une première structure monastique est fondée à cet emplacement sous la dynastie Sui (581-618), vers la fin du VIe siècle. Le temple est agrandi et réaménagé à plusieurs reprises sous les Tang, puis sous les dynasties Song, Ming et Qing.

    Son nom renvoie à une tradition : selon les textes bouddhistes, la montagne *Gṛdhrakūṭa* (Pic du Vautour) en Inde, où le Bouddha Shakyamuni prononça certains enseignements du Mahâyâna dont le *Sûtra du Lotus*, était réputée embaumée de senteurs florales. Les moines chinois ont transposé cette symbolique olfactive sur plusieurs sites monastiques, dont celui-ci. L'appellation "Montagne Parfumée" circule dans la toponymie bouddhiste de plusieurs provinces.

    Le poète Bai Juyi (772-846), l'un des grands noms de la littérature Tang, s'installe à proximité du temple lors de sa semi-retraite à Luoyang à partir de 831. Il entretient des liens étroits avec la communauté monastique de Xiangshan, se qualifiant lui-même de "laïc de la Montagne Parfumée" (*Xiangshan jushi*). Son mausolée se trouve aujourd'hui à quelques centaines de mètres du temple, intégré au périmètre du site classé.

    Architecture et organisation des espaces

    Le complexe de Longmen se compose de deux zones principales reliées par des passerelles piétonnes :

    • Rive ouest : le coeur du site rupestre. On y trouve la grotte Guyang (la plus ancienne), la grotte Binyang (trois salles creusées à l'époque Wei), la grotte Wanfo ("Dix Mille Bouddhas", 680 apr. J.-C., ornée de 15 000 figurines en bas-relief) et surtout la grotte de Fengxian avec son Grand Vairocana.
    • Rive est : moins dense en sculptures, elle accueille Xiangshan Si, quelques grottes secondaires (dont la grotte Kangjing, lieu de séance des moines pour la récitation des *sûtras*), et le tombeau de Bai Juyi.

    L'architecture de Xiangshan Si suit les canons monastiques bouddhistes chinois : axe nord-sud, succession de cours, pavillons dédiés à des Bouddhas ou bodhisattvas spécifiques, salle de méditation, cloche et tambour flanquant l'entrée principale. Les bâtiments actuels datent en grande partie des restaurations des XXe et XXIe siècles, les dynasties successives ayant à plusieurs reprises endommagé ou partiellement détruit les structures antérieures, notamment lors de la persécution bouddhiste de l'ère Huichang (845) sous le règne de l'Empereur Wuzong des Tang.

    🗂️ Voir la collection

    Aide à la Méditation

    À Longmen comme dans la plupart des grands monastères bouddhistes, la pratique contemplative s'appuie sur des supports concrets : le chapelet, le coussin, le brûleur d'encens. Ces objets ne sont pas des talismans mais des outils d'attention, ancrés dans une longue tradition monastique. Notre collection rassemble des accessoires de pratique sélectionnés pour leur qualité artisanale et leur cohérence avec les traditions bouddhistes d'Asie.

    178 références

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    Statues, symboles et iconographie bouddhiste

    La richesse iconographique de Longmen reflète les évolutions doctrinales du bouddhisme chinois sur six siècles. Les sculptures Wei du Nord restent marquées par l'influence stylistique des ateliers de Dunhuang et, au-delà, par des filiations indo-gandhariennes : fronts hauts, sourires hiératiques, drapés linéaires. Les sculptures Tang adoptent un galbe plus charnel, des visages ronds, des corps dont les proportions évoquent davantage le canon naturaliste développé sous les influences persanes et indiennes de la Route de la Soie.

    Plusieurs figures méritent une attention particulière :

    • Le Grand Vairocana (Fengxian) : Vairocana est le Bouddha cosmique central dans la cosmologie Mahâyâna et Vajrayâna, notamment dans la doctrine Huayan (Avatamsaka). À Longmen, il est représenté assis en *dhyana mudra* (mudra de méditation), entouré de deux bodhisattvas, deux moines disciples, deux gardiens célestes et deux rois célestes (Heavenly Kings).
    • La grotte Wanfo : ses 15 000 bas-reliefs constituent l'un des programmes décoratifs les plus denses de l'art bouddhiste Tang. Chaque figurine correspond à une dédicace individuelle, souvent accompagnée d'une inscription datée.
    • Les Apsaras de la grotte Lianhua : cette grotte, dite "grotte du Lotus", du Ve siècle, présente au plafond un lotus sculpté en haut-relief d'où rayonnent des *apsaras* (esprits célestes musiciens), traitement décoratif rare pour la période Wei.

    "Les grottes [de Longmen] sont comme un vaste livre de pierre où chaque génération a inscrit sa foi."

    Su Bai, historien de l'art et archéologue chinois, "Zhongguo shiku si yanjiu" (Recherches sur les grottes bouddhistes de Chine), 1996.

    Dans le temple de Xiangshan Si lui-même, les salles principales abritent des statues de Bouddha Amitabha (très présent dans la dévotion de la Terre Pure, courant dominant en Chine depuis la période Tang), ainsi que des représentations de Guanyin, bodhisattva de la compassion dont le culte connaît une immense diffusion dans le bouddhisme sinisé. Les statues actuelles sont pour la plupart des refontes des périodes Qing et contemporaine, les originaux ayant été perdus lors des destructions successives.

    Tradition bouddhiste : entre Terre Pure et école Huayan

    Longmen n'est pas associé à une seule école bouddhiste. Le site reflète la coexistence, parfois la concurrence, de plusieurs courants doctrinaux qui ont marqué le bouddhisme chinois médiéval.

    L'école Huayan (Avatamsaka), dont la cosmologie place le Bouddha Vairocana au centre d'un univers interpénétré, justifie la position centrale de ce Bouddha dans la grotte de Fengxian. Le patriarche Fazang (643-712), figure majeure de l'école Huayan, est contemporain de la réalisation du Grand Vairocana et entretient des liens avec la cour de Wu Zetian.

    L'école de la Terre Pure (*Jingtu*), qui préconise la récitation du nom d'Amitabha pour renaître dans la Terre Pure de l'Ouest (*Sukhavati*), imprègne une large partie de la dévotion populaire visible dans les inscriptions de Longmen. De nombreuses dédicaces demandent explicitement à renaître dans la Sukhavati.

    Xiangshan Si, pour sa part, est aujourd'hui rattaché au bouddhisme Chan (Zen) et à la tradition de la Terre Pure, comme la plupart des grands monastères chinois contemporains qui pratiquent une approche syncrétique héritée des réformes des dynasties Ming et Qing.

    Mala Tibétain Bois 108 Perles

    🙏 La reco de Ananda

    Mala Tibétain Bois 108 Perles

    Les inscriptions votives de Longmen témoignent d'une pratique centrale du bouddhisme médiéval chinois : la récitation répétée du nom d'Amitabha, comptée sur un chapelet de 108 perles. Ce mala en bois, qui prolonge cette tradition de récitation (*nianfo*), est un outil de pratique sobre et bien fini, conforme aux usages monastiques.

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    Importance dans le pèlerinage et rayonnement spirituel

    Le temple Montagne Parfumée grottes Longmen figure parmi les destinations de pèlerinage bouddhiste les plus fréquentées de Chine continentale. Le site attire chaque année plusieurs millions de visiteurs, dont une proportion significative de pratiquants venus se recueillir devant les sculptures, offrir des bâtons d'encens dans les salles actives de Xiangshan Si, ou prononcer des récitations devant les grandes niches.

    Le rayonnement du site dépasse le seul bouddhisme chinois. Des pèlerins coréens et japonais se rendent à Longmen depuis les années 1980, en référence aux échanges monastiques médiévaux : plusieurs moines de la péninsule coréenne et du Japon étudient à Luoyang aux VIIe-VIIIe siècles, en lien direct avec les communautés installées à proximité des grottes. Le moine japonais Ganjin (Jianzhen, 688-763), fondateur du temple Tôshôdai-ji à Nara, passe par Luoyang lors de ses voyages.

    Pour le pratiquant du bouddhisme Mahâyâna, Longmen représente un lieu de contact direct avec l'histoire doctrinale : chaque inscription, chaque niche datée est un document vivant de la façon dont des générations successives ont matérialisé leur foi. C'est aussi, pour l'observateur curieux sans appartenance religieuse particulière, un panorama unique sur la façon dont une doctrine venue d'Inde a été entièrement repensée, traduite et incarnée par la civilisation chinoise.

    Détail d'une paire de mains sculptées en dhyana mudra sur une statue bouddhiste en calcaire des grottes de Longmen
    Le dhyana mudra, geste de méditation, caractérise les représentations du Bouddha Vairocana dans les niches Tang.

    Tableau comparatif : grottes de Longmen, Yungang et Mogao

    Critère Longmen (Luoyang) Yungang (Datong) Mogao (Dunhuang)
    Province Henan Shanxi Gansu
    Période principale Wei du Nord et Tang (Ve-IXe s.) Wei du Nord (Ve s.) IVe-XIVe siècles
    Nombre de niches / grottes ~2 345 niches 252 grottes majeures 492 grottes
    Matériau Calcaire Grès Argile et peinture murale
    Classement UNESCO 2000 2001 1987
    Temple actif adjacent Xiangshan Si (Montagne Parfumée) Temple Yungang Non (musée)

    Conditions de visite : horaires, tarifs et codes de conduite

    Le site de Longmen est ouvert toute l'année. Les horaires varient selon la saison :

    • Haute saison (avril-octobre) : 7h00-19h00 (caisse jusqu'à 18h00).
    • Basse saison (novembre-mars) : 8h00-17h30 (caisse jusqu'à 17h00).

    Le tarif d'entrée standard du site rupestre est de 100 CNY par personne (tarif 2024-2025, à vérifier avant votre visite sur le site officiel ou via un agent local). L'accès au temple de Xiangshan Si peut nécessiter un ticket séparé ou est inclus selon les périodes. Des réductions existent pour les étudiants, les personnes âgées et les ressortissants chinois.

    Concernant la photographie : la prise de vue est autorisée dans les espaces extérieurs et devant les niches. L'usage du flash et du trépied est interdit à l'intérieur des grottes fermées. Certaines zones proches des sculptures les plus fragiles peuvent être entourées de barrières de protection : respectez-les.

    Pour le temple de Xiangshan Si, quelques règles s'appliquent :

    • Tenue couvrant les épaules et les genoux pour entrer dans les salles de culte en activité.
    • Ne pas déranger les cérémonies ou récitations en cours : attendez ou observez en silence.
    • Si vous souhaitez allumer de l'encens, procurez-le auprès des comptoirs officiels du temple et respectez les consignes de dépôt dans les brûleurs prévus.
    • La photographie dans les salles où des moines officient est généralement déconseillée, voire interdite. En cas de doute, demandez l'autorisation.

    Xiangshan Si et la mémoire de Bai Juyi : quand poésie et Dharma se croisent

    La relation entre le temple de la Montagne Parfumée et le poète Bai Juyi mérite qu'on s'y arrête. Bai Juyi, auteur du Chant de l'Infini Regret (*Changhen ge*) et du Lute Song (*Pipa xing*), s'installe à Luoyang après une longue carrière de fonctionnaire impérial. À partir de 831, à l'âge de 60 ans, il se rapproche des moines de Xiangshan Si, dont il finance partiellement les travaux de restauration.

    Il prend le nom de résidence de "laïc de la Montagne Parfumée" (*Xiangshan jushi*), pratique courante dans la tradition bouddhiste chinoise pour les lettrés qui adoptent les Cinq Préceptes sans pour autant entrer dans les ordres. Cette figure du laïc lettré cultivant un rapport personnel au *Dharma*, sans rupture avec la vie civile, est centrale dans le bouddhisme sinisé, notamment dans la tradition Chan. On pourrait presque y voir un prélude à ce que le bouddhisme occidental cherche à développer aujourd'hui : une pratique laïque rigoureuse, enracinée dans le quotidien, sans renoncement au monde.

    Bai Juyi décède à Luoyang en 846. Son tombeau, à quelques centaines de mètres de Xiangshan Si, fait partie intégrante du périmètre visitable du site. Le lien entre le pèlerinage méditatif et la création poétique qu'il incarne reste une entrée précieuse pour comprendre comment la culture Tang a absorbé et sinisé le bouddhisme indien.

    Mala Tibétain en Rhodonite

    🙏 La reco de Ananda

    Mala Tibétain en Rhodonite

    Bai Juyi pratiquait la récitation bouddhiste comme laïc engagé, avec les mêmes outils que les moines. Dans cette tradition, le *mala* (chapelet de 108 perles) sert de support pour comptabiliser les récitations, sans conférer de pouvoir particulier : c'est simplement un outil d'attention. Ce mala en rhodonite, fabriqué à la main, illustre ce même principe : beau, sobre, fonctionnel.

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    Conservation, pillages et restauration : une histoire douloureuse

    Le patrimoine sculpté de Longmen a subi des dommages considérables au XXe siècle. Entre les années 1920 et 1940, une partie des têtes de statues et des bas-reliefs est découpée et vendue sur le marché international de l'art. Ces pièces se retrouvent aujourd'hui dans des musées nord-américains et européens, notamment au Metropolitan Museum of Art de New York et au Musée Guimet à Paris. Certaines têtes ont été restituées à la Chine dans le cadre d'accords diplomatiques ou de donations depuis les années 2000.

    Les autorités chinoises mènent depuis les années 1990 des programmes de conservation actifs : consolidation des parois, traitement préventif contre l'érosion chimique due à la pollution atmosphérique, installation de protections contre les infiltrations d'eau. Le classement UNESCO en 2000 a renforcé les exigences de documentation et de suivi. Plusieurs niches restent fermées au public pour protéger les pigments résiduels et les surfaces sculptées les plus fragiles.

    Pour approfondir votre connaissance du bouddhisme et de ses symboles matériels, ces questions de patrimoine illustrent bien à quel point les objets cultuels portent une mémoire collective irremplaçable. Dans le cas des grottes de Longmen, chaque fragment arraché est à la fois une perte artistique et une rupture dans la continuité dévotionnelle d'un lieu vivant.

    Questions fréquentes sur les grottes de Longmen et Xiangshan Si

    Combien de temps faut-il prévoir pour visiter les grottes de Longmen et Xiangshan Si ?+

    Comptez entre 3 et 5 heures pour une visite sérieuse des deux rives. La rive ouest seule représente au minimum 2 heures si vous vous arrêtez devant les principales grottes. La rive est avec Xiangshan Si et le tombeau de Bai Juyi demande 1 à 2 heures supplémentaires. Les visiteurs pressés font la rive ouest en 1h30, mais passent à côté des niches secondaires et des inscriptions.

    Quelle est la meilleure saison pour visiter le temple Montagne Parfumée et les grottes de Longmen ?+

    Le printemps (mars-mai) et l'automne (septembre-novembre) offrent les conditions les plus agréables : températures modérées, lumière favorable pour photographier les sculptures, végétation colorée sur les berges de la rivière Yi. L'été (juin-août) est chaud et humide, avec une affluence plus forte. L'hiver rend le site moins fréquenté et donne une atmosphère dépouillée qui a son propre intérêt, notamment autour du temple de Xiangshan Si dont les toitures ressortent avec netteté sur le ciel.

    Le temple de Xiangshan Si est-il un lieu de culte actif ou un musée ?+

    C'est un lieu de culte actif, avec une communauté monastique présente. Des cérémonies régulières se tiennent dans les salles principales. Il est ouvert aux visiteurs non bouddhistes, mais le comportement respectueux est attendu dans les salles de prière. L'enceinte est à la fois patrimoine architectural et espace vivant de pratique.

    Pourquoi certaines statues de Longmen sont-elles sans tête ?+

    La grande majorité des statues mutilées ont subi des actes de pillage au début du XXe siècle, principalement entre 1920 et 1940. Des marchands d'art et leurs intermédiaires découpaient les têtes et les bas-reliefs pour les vendre à des collectionneurs et musées occidentaux. Certains dommages sont également attribués aux persécutions bouddhistes médiévales (notamment sous la période Huichang, 842-845) et aux bouleversements politiques du XXe siècle.

    Peut-on combiner Longmen avec d'autres sites bouddhistes dans la région de Luoyang ?+

    Oui. Luoyang concentre plusieurs sites majeurs : le temple du Cheval Blanc (Baima Si), considéré comme le premier monastère bouddhiste établi en Chine (fondé sous la dynaste Han, Ier siècle apr. J.-C.), et le temple de Guanlin, dédié au général Guan Yu, mêlant cultes bouddhiste, taoïste et confucéen. Un circuit de deux jours complets permet de couvrir raisonnablement Longmen, Xiangshan Si, Baima Si et la vieille ville de Luoyang.

    Quel lien existe-t-il entre le bouddhisme de la Terre Pure et les inscriptions de Longmen ?+

    Selon la tradition de la Terre Pure, réciter le nom d'Amitabha avec sincérité permet, à la mort, de renaître dans la *Sukhavati* (Terre Pure de l'Ouest), un monde d'existence favorable à l'Éveil. Les milliers d'inscriptions votives visibles à Longmen témoignent de cette espérance : on y retrouve des formules comme "que ce mérite permette à [nom du défunt] de renaître dans la Terre Pure". Ces dédicaces sont précieuses pour les historiens car elles datent avec précision la production des niches et révèlent la sociologie des donateurs : hauts fonctionnaires, marchands, soldats, et simples villageois y figurent côte à côte.