Temple Qinglong : histoire, architecture et guide de visite complet
À l'est de l'ancienne capitale impériale de Chang'an, aujourd'hui Xi'an, le Temple Qinglong (青龍寺, littéralement "Temple du Dragon Azur") se dresse sur un tertre calcaire qui domine les toits de tuiles de la ville moderne. Peu fréquenté par les touristes occidentaux, ce site est pourtant l'un des foyers spirituels les plus actifs du bouddhisme sino-japonais : c'est ici que le moine Kûkai, fondateur du bouddhisme Shingon au Japon, reçut l'initiation ésotérique au IXe siècle. Sa fréquentation par des pèlerins japonais dépasse largement celle de nombreux temples chinois de notoriété comparable.
⭐ À retenir
- Fondé sous la dynastie Sui (VIe siècle), développé sous les Tang (VIIe-Xe siècle)
- Berceau du bouddhisme Shingon japonais : Kûkai y étudia entre 805 et 806
- Site de pèlerinage majeur pour les bouddhistes japonais depuis le XIXe siècle
- Architecture mixte : pavillons Tang restaurés et jardins japonais offerts par le Japon
- Visite possible toute l'année, tenue correcte recommandée, photographies autorisées dans les espaces extérieurs
Localisation et accès : un tertre dans la ville moderne
Le Temple Qinglong se trouve dans le district de Yanta, au sud-est du centre historique de Xi'an, province du Shaanxi (Chine). Son adresse administrative est : 东关铁炉庙村1号 (No. 1, Tielumiao Village, Dongguang, Yanta District, Xi'an). Le site s'étend sur environ 4,7 hectares au sommet du Leyan Yuan, une butte artificielle héritée de l'époque Tang.
Depuis la gare de Xi'an Nord, compter environ 40 minutes en métro via la ligne 3 (station Qinglong Si, sortie B). En taxi depuis le quartier de la Tour du Tambour, le trajet dure 20 à 30 minutes selon la circulation. Plusieurs lignes de bus municipaux desservent également l'arrêt Qinglong Si sur les grandes artères environnantes.

Histoire : de la dynastie Sui aux reconstructions modernes
Le site est occupé dès la fin du VIe siècle, sous la dynastie Sui (581-618), sous le nom de Temple Ling'en. Rebaptisé Qinglong sous la dynastie Tang (618-907), il connaît son apogée entre le VIIe et le Xe siècle, période durant laquelle Chang'an est la métropole la plus peuplée du monde et un carrefour incontournable des routes commerciales et religieuses de l'Asie.
Sous le règne de l'impératrice Wu Zetian (690-705), puis sous celui de l'empereur Xuanzong (712-756), le temple reçoit des maîtres indiens et centre-asiatiques spécialisés dans le Vajrayâna, la branche ésotérique du bouddhisme. C'est dans ce contexte que s'y succèdent trois des quatre grands maîtres fondateurs du courant Mijiao (密教, bouddhisme ésotérique chinois) : Subhakarasimha, Vajrabodhi et Amoghavajra. Leurs enseignements forment le substrat doctrinal que Kûkai transmettra au Japon.
💡 Le savais-tu ?
Le moine japonais Kûkai (空海, 774-835), connu posthumement sous le titre Kôbô Daishi, séjourna au Temple Qinglong entre 805 et 806. Il y fut initié par le maître Huiguo (惠果), qui lui transmit l'ensemble des enseignements ésotériques du Vajrayâna en un temps record - normalement une vie entière. De retour au Japon, Kûkai fonda l'école Shingon (真言宗) et le monastère du mont Kôya, classé au Patrimoine mondial de l'UNESCO. Ce lien direct fait du Temple Qinglong le "temple mère" du Shingon.
Après la grande persécution bouddhiste de l'ère Huichang (845), ordonnée par l'empereur Xuanzong tardif, le temple est partiellement détruit. Il décline progressivement après la chute des Tang en 907 et tombe en ruines sous les Song. Pendant près de mille ans, le site reste enfoui sous les cultures agricoles. Des fouilles archéologiques menées entre 1973 et 1987 révèlent les fondations des principales structures Tang et permettent une première campagne de restauration.
La relation diplomatique sino-japonaise joue un rôle central dans la renaissance du site : à partir des années 1980, des associations japonaises financent la construction d'un mémorial dédié à Kûkai, d'un jardin à la japonaise et de plusieurs pavillons. Aujourd'hui, le temple est à la fois un lieu de culte actif et un parc culturel géré par les autorités locales du Shaanxi.
École et tradition : le bouddhisme ésotérique Mijiao
Le Temple Qinglong appartient à la tradition du bouddhisme ésotérique (密教, *Mijiao* en chinois, *Mikkyô* en japonais), une branche du Mahâyâna qui s'est développée en Inde vers le VIIe siècle avant de rayonner vers la Chine, le Tibet et le Japon. Cette école repose sur trois piliers rituels : les *mantra* (formules sonores), les *mudra* (gestes des mains) et les *mandala* (représentations géométriques du cosmos).
Contrairement au bouddhisme Chan (le Zen japonais), qui met l'accent sur la méditation assise et l'éveil direct, le Mijiao propose une voie rituelle intensive, transmise de maître à disciple par initiation (en sanskrit : *abhisheka*). La doctrine centrale s'articule autour du Bouddha Vairocana (大日如来, *Dainichi* en japonais), considéré comme le corps cosmique du Dharma.
Le lien entre ce temple et la tradition bouddhiste tibétaine, autre grand courant ésotérique issu de racines indiennes communes, est réel : les deux écoles partagent des outils rituels similaires, dont les *mala* (chapelets de prière) et les *mantra*. Dans les deux traditions, le *mala* sert à dénombrer les récitations : 108 perles correspondent aux 108 afflictions mentales identifiées par la doctrine bouddhiste, un chiffre symbolique commun au Shingon et au Vajrayâna tibétain.

Architecture : entre reconstitution Tang et sensibilité japonaise
Le site actuel mêle deux esthétiques distinctes, que l'on perçoit clairement en parcourant le parc. La partie centrale reconstruit les volumes de l'époque Tang : toitures à double auvent avec tuiles grises vernissées, charpentes en bois laqué rouge brique, portiques sur pilotis en briques cuites. Ces structures s'appuient sur les données archéologiques et sur les représentations iconographiques conservées au Japon, qui a soigneusement préservé l'architecture Tang dans plusieurs de ses monastères.
La partie nord-ouest du jardin présente une esthétique résolument japonaise : allées de cerisiers (Prunus serrulata) offerts par la ville de Nara dans les années 1990, lanterne en pierre de style Kasuga, bassin à carpes et pavillon de thé. Ce jardin constitue l'un des rares exemples de jardin japonais authentique en Chine continentale, réalisé par des jardiniers japonais sur commande diplomatique.
Parmi les structures notables :
- La salle principale (Daxiong Baodian) : pavillon à double toit abritant une statue de Vairocana en bronze doré, entouré de deux bodhisattva.
- Le mémorial Kûkai : stèle bilingue chinois-japonais, surmontée d'un toit à pagode à trois étages, érigée en 1982 lors de la reprise des relations diplomatiques sino-japonaises.
- La pagode à sept étages : reconstruction contemporaine sur fondations Tang, haute de 23 mètres, visible depuis plusieurs rues environnantes.
- Le pavillon Huiguo : dédié au maître qui forma Kûkai, orné de peintures murales représentant des mandala du Vajrayâna.
Statues et symboles : lire l'iconographie du temple
La statue centrale de Vairocana adopte le *mudra* de dharmachakra (roue du Dharma), les deux mains formant un cercle devant la poitrine. Ce geste symbolise la mise en mouvement de l'enseignement du Bouddha, équivalent iconographique du premier sermon prononcé à Sarnath. La dorure à la feuille d'or recouvre une coulée en bronze massif datant des années 1990.
Sur les murs latéraux de la salle principale, deux mandala peints représentent le Monde de la Matrice (*Garbhadhatu*) et le Monde du Diamant (*Vajradhatu*), les deux cosmos symboliques fondamentaux du bouddhisme ésotérique. Leur lecture croisée constitue l'une des transmissions rituelles les plus importantes de l'école Shingon.
Dans la cour, un brûleur d'encens en bronze à cinq pieds, haut de 1,8 mètre, porte en relief le symbole du *triratna* (les Trois Joyaux : le Bouddha, le Dharma, le Sangha) et des motifs de lotus stylisés. Les visiteurs y déposent des bâtonnets d'encens en offrande, une pratique commune aux traditions bouddhistes chinoises et japonaises.
La pratique des mantra ésotériques, centrale au Mijiao comme au Shingon japonais, s'accompagne traditionnellement d'un mala, chapelet de 108 perles servant à dénombrer les récitations. Dans les écoles issues du bouddhisme ésotérique, chaque perle correspond à une invocation : c'est ce même usage que Kûkai rapporta de Xi'an au Japon au IXe siècle. Pour les visiteurs souhaitant s'initier à cette pratique après leur visite, un mala en bois de santal taillé artisanalement constitue un outil de départ sobre et adapté à la tradition.
Le Temple Qinglong dans le pèlerinage sino-japonais
Le Temple Qinglong occupe une place singulière dans la géographie spirituelle bouddhiste : il est à la fois un site archéologique chinois classé et un lieu de pèlerinage actif pour les fidèles japonais Shingon. Chaque année, plusieurs milliers de pèlerins japonais font le voyage jusqu'à Xi'an, souvent dans le cadre d'un circuit incluant d'autres sites Tang de la ville.
Cette double appartenance culturelle est visible dans les registres de dédicaces (*ema*, en japonais) accrochés près du mémorial Kûkai : ils côtoient des offrandes de pèlerins chinois locaux, créant une superposition rare de deux traditions dévotionnelles distinctes sur un même autel.
Le temple entretient des relations officielles avec plusieurs monastères Shingon japonais, notamment le Tô-ji de Kyoto et le Kongôbu-ji du mont Kôya, classés au Patrimoine mondial de l'UNESCO. Des échanges de moines, de reliques et de textes rituels ont lieu périodiquement, perpétuant une continuité documentée depuis le IXe siècle.
"J'ai reçu les deux mandala et tous les enseignements rituels en trois mois. Le maître Huiguo m'a dit : tu es venu au bon moment."
Kûkai, lettre à ses disciples japonais, 806 apr. J.-C. (traduite du japonais ancien)
À l'échelle nationale chinoise, le Temple Qinglong est classé parmi les sites de protection du patrimoine au niveau de la province du Shaanxi. Il n'est pas encore inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO, contrairement au complexe du mont Kôya au Japon qui doit une part de son dossier à l'héritage de Xi'an.

Comparer les deux temples Tang majeurs de Xi'an
Xi'an concentre plusieurs temples bouddhistes de l'époque Tang encore actifs. Le tableau ci-dessous permet de situer le Temple Qinglong par rapport à la Grande Pagode de l'Oie Sauvage (Dayan Ta), l'autre grand site bouddhiste Tang de la ville.
| Critère | Temple Qinglong | Grande Pagode de l'Oie Sauvage |
|---|---|---|
| Fondation | Fin VIe siècle (Sui) | 652 apr. J.-C. (Tang) |
| École principale | Bouddhisme ésotérique (Mijiao) | Bouddhisme de la Terre Pure / Weishi |
| Figure centrale | Kûkai (Kôbô Daishi) | Xuanzang (moine pèlerin) |
| Fréquentation touristique | Modérée (surtout pèlerins japonais) | Très élevée (tourisme de masse) |
| Superficie du site | ~4,7 hectares | ~7 hectares (complexe Daci'en) |
| Jardin japonais | Oui (dons diplomatiques 1980-2000) | Non |
| Entrée | ~25 CNY (tarif 2025) | ~50 CNY (pagode incluse) |
Préparer sa visite au Temple Qinglong : horaires, code vestimentaire et photographies
Le Temple Qinglong est ouvert au public tous les jours de 8h00 à 17h30 (fermeture des caisses à 17h00). Aucun jour de fermeture hebdomadaire n'est prévu, mais certaines ailes peuvent être temporairement inaccessibles lors des cérémonies religieuses, notamment pendant les fêtes bouddhistes lunaires.
Le droit d'entrée est d'environ 25 CNY (tarif adulte plein 2025). Les ressortissants étrangers paient le même tarif. Des réductions s'appliquent pour les étudiants munis d'une carte internationale et les personnes de plus de 60 ans. Le billet est à conserver pour accéder à certaines salles intérieures.
Quelques points pratiques à connaître avant d'arriver :
- Tenue vestimentaire : épaules et genoux couverts, obligatoire pour entrer dans les salles de culte. Des sarongs de prêt sont parfois disponibles à l'entrée, mais mieux vaut prévoir.
- Photographies : autorisées dans tous les espaces extérieurs et jardins. Interdites à l'intérieur de la salle principale lors des offices. Pas de flash sur les peintures murales.
- Chaussures : à retirer avant d'entrer dans certains pavillons intérieurs (panneaux indicateurs sur place).
- Silence : les salles de prière restent des espaces de culte actif. Des moines résidents y célèbrent des offices quotidiens, en général tôt le matin (vers 7h) et en fin d'après-midi.
- Offrandes : des bâtonnets d'encens sont vendus à l'entrée à un prix symbolique. Leur utilisation suit un protocole simple : s'incliner face au pavillon principal, tenir les bâtonnets à deux mains, les déposer dans le brûleur central.
Pour les visiteurs qui souhaitent prolonger leur découverte du bouddhisme ésotérique après la visite du temple, rapporter un mala traditionnel permet d'ancrer concrètement l'expérience dans une pratique quotidienne. Dans la tradition Shingon comme dans les écoles tibétaines, le mala de 108 perles sert à réciter les mantra : c'est l'un des seuls objets rituels que Kûkai emporta dans ses bagages en quittant Xi'an en 806. Le mala tibétain traditionnel ci-dessous, en perles de bois sculpté, s'inscrit dans cette lignée formelle : 108 perles de 8 mm, fil de coton solide, perle guru distincte, confectionné selon les proportions canoniques.
Le Temple Qinglong dans le circuit bouddhiste de Xi'an
Xi'an concentre plusieurs sites bouddhistes majeurs qui se visitent logiquement ensemble. Le Temple Qinglong se combine bien avec la Grande Pagode de l'Oie Sauvage (30 minutes en taxi), le Temple Daxingshan (autre centre Mijiao Tang situé à 15 minutes à pied) et le Musée d'Histoire du Shaanxi, qui conserve plusieurs sculptures Tang provenant de sites voisins.
Pour un séjour centré sur le bouddhisme ésotérique, l'enchaînement logique est : Temple Daxingshan le matin (offices du lever), Temple Qinglong l'après-midi (jardins et mémorial Kûkai), Musée du Shaanxi le lendemain matin avant de prendre la direction de Luoyang ou de Dunhuang.
Les amateurs de peintures thangka et d'art sacré bouddhiste trouveront dans les boutiques autour du temple quelques reproductions de qualité inégale. Mieux vaut se fier aux revendeurs agréés par l'association du patrimoine de Shaanxi, identifiables à leur certification en vitrine.
Ce que l'histoire de Kûkai dit encore aujourd'hui
Le passage de Kûkai à Xi'an dure moins de deux ans. En un sens, c'est dérisoire comparé à d'autres pèlerinages bouddhistes. Pourtant, son séjour au Temple Qinglong a généré l'une des transmissions religieuses les plus durables de l'histoire de l'Asie : une école bouddhiste vivante, pratiquée par plusieurs millions de fidèles au Japon, ancrée dans un corpus rituel transmis fidèlement depuis la cour Tang.
Ce que ce temple illustre concrètement, c'est la nature profondément transnationale du bouddhisme ésotérique dès ses origines : des maîtres indiens enseignant à Xi'an, un moine japonais qui emporte ces enseignements sur une île à l'autre bout du continent, des fonds japonais qui restaurent un temple chinois douze siècles plus tard. Le Dharma n'a jamais eu de frontières fixes.
Visiter le Temple Qinglong aujourd'hui, c'est lire cette histoire à même les pierres : les fondations Tang sous les pieds, les cerisiers japonais au-dessus de la tête, et dans la salle principale, un Vairocana qui regarde dans la même direction depuis plus de mille ans. Pour prolonger cette réflexion sur les objets et pratiques du bouddhisme ésotérique, la collection de chapelets bouddhistes et de malas tibétains offre des points de contact concrets avec cette tradition vivante.
FAQ
Quelle est la différence entre le Temple Qinglong et la Grande Pagode de l'Oie Sauvage ?+
La Grande Pagode de l'Oie Sauvage est liée au moine Xuanzang et au bouddhisme de la Terre Pure. Le Temple Qinglong appartient à la tradition ésotérique (Mijiao) et est surtout connu pour le séjour de Kûkai, fondateur du Shingon japonais. Les deux sites sont distincts en école, en architecture et en public pèlerin.
Faut-il être bouddhiste pour visiter le Temple Qinglong ?+
Non. Le temple est ouvert à tous les visiteurs, quelle que soit leur appartenance religieuse. La discrétion et le respect des espaces de culte actif (silence dans les salles de prière, tenue appropriée) suffisent.
Peut-on assister à des cérémonies religieuses au Temple Qinglong ?+
Les offices quotidiens (tôt le matin et fin d'après-midi) sont en principe ouverts aux visiteurs respectueux. Les cérémonies commémoratives japonaises au mémorial Kûkai, en particulier au printemps, sont accessibles mais non touristiques : on reste en retrait, sans filmer.
Qu'est-ce que le bouddhisme Shingon et quel est son lien avec ce temple ?+
Le Shingon (真言宗, "école de la vraie parole") est une école du bouddhisme ésotérique japonais fondée par Kûkai au IXe siècle. Ses doctrines et rituels ont été transmis à Kûkai au Temple Qinglong par le maître Huiguo. Le Shingon compte aujourd'hui plusieurs millions de fidèles et plus de 3600 temples au Japon.
Quelle est la meilleure période pour visiter le Temple Qinglong ?+
Le printemps (mars-avril) pour les cerisiers en fleurs et les cérémonies japonaises, et l'automne (octobre-novembre) pour la lumière dorée et des températures agréables. L'été est chaud et humide à Xi'an (35-40°C en juillet-août). L'hiver reste froid mais le temple est peu fréquenté, ce qui permet une visite au calme.
Le Temple Qinglong est-il inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO ?+
Non. Le Temple Qinglong est classé au niveau du patrimoine de la province du Shaanxi, mais n'est pas encore inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO. En revanche, le mont Kôya au Japon, dont l'héritage remonte directement aux enseignements reçus ici par Kûkai, est inscrit à l'UNESCO depuis 2004. Ce paradoxe illustre la dimension transnationale de ce lieu.